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Les investigateurs ont testé l'impact d'un régime pauvre en glucides fermentescibles (les fameux FODMAPs des anglo-saxons = oligo, di et monosaccharides et polyols fermentescibles) chez des sujets atteints de MICI avec symptômes intestinaux en dépit d'une inflammation maîtrisée (rémission). Le travail a concerné 52 sujets répartis en un groupe intervention consistant en un régime pauvre en FODMAPs (apport limité de blé, produits laitiers, oignons et ail notamment) et un groupe témoin consistant en un régime normal en FODMAP. L'étude a duré 4 semaines et dans le bras intervention 52% des sujets ont signalé un soulagement adéquat de leurs symptômes intestinaux (ballonnements flatulences) versus 16% dans le bras témoin (p=0,007). Il est également rapporté une réduction plus importante du score de sévérité des symptômes intestinaux (-67 versus -34, résultats toutefois non significatif) et des scores de qualité de vie en rapport avec la santé plus élevés (82 versus 78 ; p=0,02). Le revers de la médaille est que les investigateurs ont également découvert que le régime pauvre en FODMAPs réduisait la quantité de certaines bactéries intestinales, notamment les bifidobactéries, qui sont bénéfiques pour la santé et qui peuvent contribuer à réduire l'inflammation. Dans ce travail, ils n'ont pas constaté que cette raréfaction s'accompagnait d'une augmentation de l'inflammation intestinale, mais l'équipe envisage d'étudier cela à plus long terme et de voir si la réintroduction prudente et progressive des FODMAPs va de pair avec la persistance du bénéfice symptomatique et l'annulation des modifications de la population bactérienne. A suivre donc.SR Cox et al. Gastroenterology. 2019 Sep 27. [Epub ahead of print]. https://www.gastrojournal.org/article/S0016-5085(19)41366-8/fulltext