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Le diabète de type 2, forme la plus courante de diabète, touche plus de 31 millions d'Américains. Etant donné son augmentation et sachant que l'obésité fait partie des facteurs majeurs de risque, pouvoir estimer les effets de la hausse de l'obésité au sein de la population sur l'incidence du diabète de type 2 a des implications substantielles pour la politique de santé publique.D'où cette recherche au cours de laquelle les scientifiques de la Northwestern University ont combiné les données de la Multi‐Ethnic Study of Atherosclerosis (MESA), collectées au cours de cinq visites de 2000 à 2017 dans six centres aux États-Unis, et celles de quatre cycles groupés (2001-2016) de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES). MESA est une étude longitudinale en cours auprès des Américains âgés de 45 à 84 ans qui n'avaient pas de maladie cardiovasculaire au moment du recrutement. NHANES est une étude transversale de la population américaine qui a lieu tous les deux ans à l'aide de questionnaires patients et de données d'examen. Elle porte sur le mode de vie et les habitudes alimentaires. Les chercheurs ont limité les données aux participants âgés de 45 à 79 ans, uniquement ceux qui étaient blancs non hispaniques, noirs non hispaniques ou mexicains américains et qui n'avaient pas de diabète de type 1 ou de type 2 au début de l'étude. Ils ont calculé à la fois la prévalence de l'obésité et le risque excessif de diabète de type 2 associé à l'obésité.L'analyse de ce très large ensemble de données révèle que parmi les participants NHANES, la prévalence globale de l'obésité est passée de 34% à 41% de 2011 à 2016 et est systématiquement plus élevée chez les adultes atteints de diabète de type 2.Parmi les 4200 participants MESA, environ 1 sur 10 (11,6%) a développé un diabète de type 2 sur un suivi médian de 9,2 ans, et ceux qui souffrent d'obésité sont 2,7 fois plus susceptibles de développer un diabète de type 2 que les non-obèses (20% vs 7,3%).Sur la base des données des deux groupes, MESA et NHANES, les chercheurs estiment que l'obésité est désormais associée à 30 à 53% des nouveaux cas de diabète survenant chaque année. Une plus grande proportion de participants obèses a un revenu familial annuel de moins de 50 000 $ et est plus susceptible d'appartenir à une minorité ethnique. Enfin, la prévalence de l'obésité est la plus faible parmi les femmes blanches non hispaniques, mais ce groupe présente l'association entre l'obésité et le diabète la plus forte.Au vu des résultats, les auteurs considèrent que la contribution de l'obésité au diabète de type-2 est restée importante au cours des deux dernières décennies et qu'elle varie considérablement selon la race/l'origine ethnique et le sexe, ce qui souligne la nécessité d'interventions de santé publique adaptées pour réduire l'obésité."De plus, l'épidémie d'obésité est entrée en collision avec la pandémie Covid-19 et le fait que le risque d'infection sévère soit plus important chez les personnes obèses est préoccupant," déclare le Pr Sadiya S. Khan. "Par conséquent, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour aider plus d'adultes à adopter des modes de vie plus sains et, espérons-le, réduire la prévalence de l'obésité."(référence : Journal of the American Heart Association, 10 février 2021, doi : 10.1161/JAHA.120.018799)