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Cette recherche jette un nouvel éclairage sur les mécanismes génétiques et moléculaires à l'oeuvre dans la dermatite atopique, communément appelée eczéma, qui affecte jusqu'à 20% de tous les enfants. Il suffirait de remplacer une à deux lettres du code génétique pour réduire la production de la protéine KIF3A et ainsi détériorer la barrière assurant le maintien d'une hydratation suffisante de la peau.A la suite d'une série d'expériences chez les enfants, les chercheurs ont découvert que deux variations, ou polymorphismes nucléotides uniques (SNP), changent des parties du gène KIF3A qui code pour une protéine impliquée dans la génération de signaux de l'extérieur vers l'intérieur d'une cellule. Le changement s'opère sous une forme qui peut réguler, par un processus appelé méthylation, la vitesse à laquelle un gène produit des protéines.Les scientifiques ont confirmé que les cellules de la peau et de la muqueuse nasale de personnes atteintes des variants rs11740584 et rs2299007 ont plus de méthylation, ce qui entraîne une baisse de la production de la protéine KIF3A. Ils ont également démontré que ces personnes présentent des niveaux plus élevés de perte d'eau transépidermique, augmentant ainsi la probabilité qu'elles développent de l'eczéma.Pour déterminer si des niveaux inférieurs de KIF3A provoquent de l'eczéma, ils ont encore étudié des souris dépourvues de KIF3A dans les cellules cutanées. Ils ont constaté qu'elles ont également une perte d'eau accrue de la peau en raison d'une barrière cutanée dysfonctionnelle et qu'elles sont plus susceptibles de développer des caractéristiques de dermatite atopique. Ces résultats pourraient faciliter le dépistage des enfants à risques d'eczéma. Les thérapies visant spécifiquement la perte d'eau de la peau pourraient être évaluées pour leur capacité à prévenir la dermatite atopique chez les enfants ayant une ou les deux variantes impliquées. La prévention de cette affection cutanée inflammatoire chronique dans la petite enfance pourrait à son tour empêcher une cascade de maladies allergiques supplémentaires plus tard dans la vie, telles que l'asthme, les allergies alimentaires et la rhinite allergique.(référence : Nature Communications, 14 août 2020, doi : 10.1038/s41467-020-17895-x)