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Des travaux antérieurs ont montré que l'exercice HIIE est plus efficace que l'exercice d'intensité modérée pour augmenter l'oxydation aiguë des lipides et réduire les lipides sanguins pendant l'exercice et en postprandial. L'exercice dans des environnements froids est également connu pour améliorer l'oxydation des lipides mais on ignorait encore les effets métaboliques immédiats et à long terme de l'exercice HIIE dans le froid. Une lacune qu'ont voulu combler des chercheurs de l'Université Laurentienne au Canada."Il s'agit de la première étude analysant les effets des températures ambiantes froides sur le métabolisme aigu pendant un exercice d'intervalle de haute intensité, ainsi que sur le métabolisme postprandial, le lendemain," écrivent-ils.Onze jeunes adultes (âge moyen de 23 ans) modérément en forme et en surpoids ont pratiqué des séries d'exercices HIEE en soirée, à la fois dans un environnement thermoneutre et, en extérieur, lorsque la température était de 0°C. Ils ont alterné dix fois de suite une minute de vélo à 90% de leur consommation maximale d'oxygène et une période de récupération de 90 secondes à 30% de l'effort. Pour vérifier l'effet des séances sur les volontaires, les scientifiques ont mesuré la température de la peau, la température corporelle centrale, la fréquence cardiaque et la quantité d'oxygène fournie aux muscles quadriceps. Le lendemain matin, après un petit-déjeuner riche en graisse, des échantillons de sang ont été prélevés pour vérifier les niveaux d'insuline, de glucose et de triglycérides, pour déterminer les taux d'oxydation des lipides et pour voir si les avantages de la nuit précédente s'étaient maintenus.Les résultats des prélèvements ont révélé que l'exercice HIIE dans le froid (0°C) augmente l'oxydation des lipides de 358% par rapport à un exercice identique à 21°C. Cependant, le lendemain matin, après le repas, le métabolisme lipidique postprandial n'a été que marginalement influencé par l'exercice à basse température, alors que la réponse glycémique a été abaissée, ou aplatie suite à l'exercice dans un environnement thermoneutre.Vu la petitesse de l'échantillon et le peu de séances d'HIIE, les auteurs estiment qu'il est trop tôt pour tirer des conclusions radicales, mais ils considèrent qu'il s'agit d'un point de départ intéressant pour examiner comment la température ambiante peut affecter la combustion des graisses pendant les périodes d'exercice intensif. Ils concluent sur le fait que, même si l'exercice HIIE dans le froid semble être moins favorable pour les réponses lipidiques et glycémiques postprandiales, les conditions hivernales ne doivent pas servir d'excuses pour renoncer à pratiquer un sport en extérieur. D'une part, faire de l'exercice à des températures proches de 0°C permet de brûler plus de graisses que la normale et, globalement, pratiquer une activité physique est essentiel pour rester en bonne santé.(référence : Journal of Applied Physiology, 18 février 2020, doi :10.1152/japplphysiol.00384.2020)