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Via la plateforme gouvernementale OpenSAFELY, une trentaine de chercheurs ont analysé les données des dossiers médicaux collectés entre le 1er février 2020 et le 25 avril dernier par le National Health Service et concernant 17 278 392 patients britanniques. Parmi eux, 10 926 sont morts de la Covid-19 ou de complications liées au virus dans ou hors de l'hôpital.L'équipe du Dr Goldacre a surtout constaté que les patients âgés de plus de 80 ans ont au moins 20 fois plus de risques de décéder de la Covid-19 que ceux dans la cinquantaine, et sont des centaines de fois plus susceptibles d'en mourir que ceux de moins de 40 ans.L'étude a aussi confirmé que la probabilité de mourir de la maladie est nettement plus élevée (hausse de 59%) chez les hommes que chez les femmes du même âge. L'évaluation du rôle joué par les comorbidités a permis d'établir que des pathologies médicales préexistantes, comme l'obésité (en particulier un IMC supérieur à 40), le diabète, l'asthme sévère et les maladies respiratoires, cardiaques, hépatiques, neurologiques et auto-immunes, sont toutes des facteurs aggravants associés à un risque accru de mourir. Les auteurs notent cependant que les effets signalés ne doivent pas nécessairement être interprétés comme causaux. Ils relèvent en outre le fait que le risque de décès est corrélé avec des facteurs socio-économiques tels que la pauvreté.Enfin ce travail confirme que les minorités ethniques comme les Noirs et les Asiatiques et ceux d'origine mixte sont surreprésentés dans les listes de décès, avec un risque de mort de 1,62 à 1,88 supérieur par rapport aux Blancs, après avoir pris en compte leurs conditions médicales antérieures. Par ailleurs, environ 11% des patients suivis par l'analyse ont été identifiés comme non blancs.Ces résultats font écho à un reportage du New York Times révélant que les Latino-Américains et les Afro-Américains sont trois fois plus susceptibles d'attraper la Covid-19 aux États-Unis et deux fois plus à risque d'en mourir. Des travaux supplémentaires sont prévus sur cette problématique.Toutes les observations faites à propos des facteurs de risque cruciaux et des personnes plus vulnérables au virus ne sont pas nécessairement surprenantes. Elles confirment les résultats d'autres travaux dans le monde mais elles émergent d'un ensemble de données exceptionnellement vaste et elles devraient permettre de mieux gérer la pandémie.(référence : Nature, 8 juillet 2020, doi : 10.1038/s41586-020-2521-4