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Une étude de cohorte (1) appelée "Predi-COVID" et coordonnée par le Luxembourg Institute of Health, un institut de recherche public de pointe dans le domaine des sciences biomédicales, a été lancée le 14 avril dernier, sous l'égide de la "Task Force COVID-19" de Research Luxembourg. Elle cherche à identifier les caractéristiques cliniques, épidémiologiques et sociodémographiques, ainsi que des biomarqueurs spécifiques du virus SARS-CoV-2 et du patient, qui peuvent aider à prédire l'évolution de la maladie chez un individu donné, en fonction notamment de son profil immunitaire."Predi-COVID" devrait contribuer à une meilleure compréhension de l'hétérogénéité observée dans la gravité et dans le pronostic de la maladie, et permettre à terme une évaluation précise des patients infectés par le SARS-CoV-2 et des prises en charge plus personnalisées. Cette étude 100% luxembourgeoise montre des taux de participation encourageants. Depuis le 5 mai - date d'inscription du premier volontaire - et jusqu'en date du 10 novembre, 1 406 personnes de plus de 18 ans, positives pour le SARS-CoV-2, et 67 membres de leur ménage ont été contactés pour être inclus dans "Predi-COVID" et son extension "Predi-COVID-H". Parmi ces personnes, 556 et 48 (âge moyen : 39 ans) ont respectivement accepté d'être suivies et de se voir prélever des échantillons de sang, de salive, de selles et des écouvillons nasopharyngés afin d'identifier des marqueurs prédictifs humains et viraux.Les sujets sont suivis quotidiennement par différents outils numériques à distance, selon qu'ils sont à la maison ou à l'hôpital, pendant 14 jours à partir de la confirmation du diagnostic. De courtes évaluations supplémentaires sont effectuées chaque mois.L'équipe a aussi mis en place une biobanque unique qui contient déjà 627 spécimens collectés lors des visites de base et de suivi. Des enregistrements vocaux (3 290 jusqu'à présent) ont également été réalisés via l'application CoLive LIH, utilisée par 245 participants, afin d'identifier des biomarqueurs vocaux de symptômes fréquemment observés chez les patients atteints de Covid-19, qui pourraient ensuite être utilisés pour la surveillance à distance des patients à domicile.En un semestre, les résultats préliminaires indiquent que la majorité des volontaires ont présenté peu de symptômes ou des symptômes légers. Les plus courants à l'admission sont la fièvre (26,2%), la toux (23,3%), l'écoulement nasal (12,2%) et les maux de gorge (10,8%), tandis que les comorbidités et les facteurs de risque les plus courants sont le tabagisme (18,1%), l'asthme (5,4%), le diabète (4,7%), les cardiopathies chroniques (3,6%) et l'obésité (3,3%).La phase de recrutement et de collecte des données/échantillons qui devait initialement durer jusqu'en décembre 2020 pourrait bien être prolongée jusqu'en juin 2021 dans le but d'évaluer les conséquences potentielles à long terme de l'infection au coronavirus."Nous sommes ravis des résultats obtenus jusqu'à présent," commente Markus Ollert, co-investigateur principal de Predi-COVID. "Plus le nombre de participants est élevé, plus les résultats finaux seront précis. En outre, nous collaborons maintenant avec le Centre Hospitalier de Luxembourg pour envisager l'inclusion dans les deux branches de l'étude de jusqu'à 100 enfants positifs au coronavirus COVID-19 et jusqu'à 30 enfants de foyers affectés."Signalons encore que le protocole complet de l'étude a été publié dans une revue scientifique renommée (2), renforçant la visibilité internationale et le succès du projet.(références :(1) EurekAlert, News Release, 24 novembre 2020,(2) British Medical Journal Open, 23 novembre 2020, doi : 10.1136/bmjopen-2020-041834)