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Des scientifiques de Wuhan ont voulu savoir s'il existait des signes prédictifs de mortalité chez les malades, peu importe leur âge et leur sexe, car une évaluation clinique rapide, précise et précoce de la gravité de la maladie est vitale pour les services hospitaliers.Pour soutenir la prise de décision et la planification logistique dans les systèmes de santé, leur étude s'appuie sur une base de données d'échantillons de sang de 485 patients infectés dans la région de Wuhan entre le 10 janvier et le 18 février 2020. Parmi les 375 échantillons analysés en vue d'identifier des marqueurs robustes et significatifs du risque de mortalité, 201 appartenaient à des patients ayant survécu à la Covid-19 et 174 à des personnes qui en sont décédées.Les auteurs ont élaboré une approche de modélisation mathématique basée sur des algorithmes d'apprentissage automatique conçus pour identifier les indicateurs sanguins les plus prédictifs de la mortalité des patients.Leur modèle a révélé la présence de trois biomarqueurs qui, lorsqu'ils sont réunis, sont révélateurs d'un état très grave. Ils permettent de prédire le risque de décès des patients plus de 10 jours à l'avance avec une précision de plus de 90%.Présents dans les échantillons de sang de tous les patients décédés, ces biomarqueurs concernent une enzyme appelée lactate déshydrogénase (LDH), les lymphocytes et la protéine C réactive à haute sensibilité (hsCRP).En particulier, des niveaux relativement élevés de LDH semblent jouer un rôle crucial dans la distinction de la grande majorité des cas de Covid-19 qui nécessitent des soins médicaux immédiats. Cette constatation est conforme aux connaissances médicales actuelles selon lesquelles des niveaux élevés de LDH sont associés à des lésions tissulaires/cellulaires survenant dans diverses pathologies, y compris les troubles pulmonaires tels que la pneumonie.Une lymphopénie, doit également inquiéter. Cela indique que le corps peine à lutter contre le virus. Les lymphocytes sont importants car ils déterminent la réponse immunitaire aux micro-organismes infectieux et à d'autres substances étrangères, comme le coronavirus.Enfin il s'avère qu'une forte quantité de hs-CRP est un marqueur important d'un mauvais pronostic dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë, et qu'elle reflète un état d'inflammation persistant dans les poumons des patients atteints de Covid-19."L'importance de notre travail est double," écrivent les chercheurs. "Premièrement, il fournit un test clinique simple et intuitif pour quantifier précisément et rapidement le risque de décès. Deuxièmement, les trois caractéristiques clés - LDH, lymphocytes et hs-CRP - peuvent être collectées dans n'importe quel hôpital. Dans les hôpitaux surpeuplés et avec une pénurie de ressources médicales, notre modèle peut aider à hiérarchiser rapidement les patients, en particulier pendant une pandémie."L'objectif est de permettre aux médecins d'identifier rapidement les patients atteints de Covid-19 les plus vulnérables, ceux qui doivent bénéficier d'un traitement urgent pour ne pas succomber à la maladie, et ainsi d'alléger la charge clinique. Les auteurs assurent que la précision de leur procédure s'améliorera encore à mesure que davantage de données seront disponibles.(référence : Nature Machine Intelligence, 14 mai 2020, doi : 10.1038/s42256-020-0180-7)