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Lorsque la pandémie de Covid-19 s'est propagée pour la première fois à travers la planète, des préoccupations ont été émises quant au fait que les personnes asthmatiques pourraient courir un risque plus élevé d'être infectées par le coronavirus, d'être plus gravement atteintes ou même d'en mourir. C'est logique sachant que l'asthme est une maladie respiratoire inflammatoire et que les difficultés respiratoires constituent l'un des symptômes majeurs de la Covid-19.Une nouvelle étude sur la façon dont le SARS-CoV-2 affecte les personnes asthmatiques se veut néanmoins rassurante. Elle donne l'assurance que le fait d'être atteint n'augmente pas le risque d'infection, de maladie grave ou de décès dû au virus.Les scientifiques du George Institute for Global Health en Australie ont réalisé une recherche complète dans les bases de données électroniques, y compris les référentiels de pré-impression et la base de données Covid-19 de l'OMS (jusqu'au 26 mai 2020). Les études rapportant la Covid-19 chez des personnes asthmatiques ont été incluses.Ils ont ensuite procédé à une méta-analyse à partir de données de 57 études avec un échantillon global de 587 280 personnes. Près de 350 000 personnes de ce groupe ont été infectées par le SARS-CoV-2 en Asie, en Europe et en Amériques du Nord et du Sud. La prévalence de l'asthme chez les personnes contaminées était de 7,46%. L'asthme non sévère était plus fréquent que l'asthme sévère (9,61% contre 4,13%).Les résultatsmontrent qu'un peu plus de 7% des personnes ayant obtenu un résultat positif au test Covid-19 souffraient également d'asthme, contre un peu plus de 8% dans la population générale. Il n'y a pas de différence significative dans le risque combiné de nécessiter une admission aux soins intensifs et/ou de recevoir une ventilation mécanique pour les personnes asthmatiques et le risque de décès dû à la Covid-19.Parmi les explications plausibles, les auteurs émettent plusieurs hypothèses. Selon le Pr Christine Jenkins, "les récepteurs chimiques dans les poumons auxquels le virus se lie sont moins actifs chez les personnes souffrant d'un type particulier d'asthme et certaines études suggèrent que les corticostéroïdes inhalés, couramment utilisés pour traiter l'asthme, peuvent réduire encore plus leur activité."Elle n'exclut pas non plus le fait que l'incertitude initiale quant à l'impact de l'asthme sur la Covid-19 puisse avoir causé de l'anxiété chez les patients et les soignants, les conduisant à être plus vigilants. Leur inquiétude était justifiée par des découvertes antérieures ayant suggéré que les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques comme l'asthme étaient plus à risque pendant l'épidémie du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), causée par un virus de structure similaire.(référence : Journal of Asthma, 8 février 2021, doi : 10.1080/02770903.2021.1888116)