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L'an dernier, Hugo Zeberg et Svante Pääbo, de l'Institut Max Planck et du Karolinska Institutet, avaient découvert qu'un facteur de risque génétique majeur de forme grave de la Covid-19, situé sur le chromosome 3, était lui aussi hérité de l'Homme de Néandertal. (1)Cette fois, c'est donc l'inverse qu'ils ont trouvé : un variant protecteur. En utilisant les données du consortium Genetics of Mortality in Critical Care (GenOMICC), qui comprend 2 244 patients Covid-19 gravement malades et des témoins, le duo montre qu'un haplotype sur le chromosome 12 est associé à une réduction d'environ 22% du risque relatif d'avoir une forme sévère de Covid-19 chez une personne infectée par le SARS-CoV-2. (2) Ils ont retrouvé cette mutation génétique dans les échantillons d'ADN prélevés sur les squelettes de trois Néandertaliens datant de 50 000, de 70 000 et 120 000 ans et celui d'un Homme de Denisova datant de 80 000 ans.L'étude révèle également que cet haplotype de type néandertalien a augmenté en fréquence depuis la dernière période glaciaire, de sorte qu'il est désormais présent dans les populations d'Eurasie et des Amériques à des fréquences qui souvent atteignent et dépassent 50%, alors qu'il demeure presque complètement absent des populations africaines au sud du Sahara.Les chercheurs rapportent encore que la région génétique impliquée s'est avérée protectrice pour au moins trois virus à ARN : le virus du Nil occidental, le virus de l'hépatite C et le SARS-CoV. "Les gènes de cette région sont appelé OAS et ils codent pour des protéines qui activent des enzymes importantes lors d'infections par des virus à ARN," ont-ils résumé. "L'héritage que nous avons reçu des Néandertaliens est une arme à double tranchant quand il s'agit de notre réponse au SRAS-CoV-2," constate Hugo Zeberg. "Ils nous ont donné des variantes pour lesquelles nous pouvons à la fois les maudire et les remercier."(référence : (1) Nature, 30 septembre 2020, doi : 10.1038/s41586-020-2818-3,(2) PNAS, 2 mars 2021, doi : 10.1073/pnas.2026309118)