Les experts se sont jusqu'ici prononcés de manière assez évasive sur le sujet, se limitant à dire qu'une prévention primaire par AAS peut être envisagée, sur une base individuelle, chez les sujets à risque accru.

Les patients diabétiques appartenant à cette catégorie ont constitué la population cible de l'étude ASCEND dont les résultats ont été présentés par Jane Armitage (Oxford, Royaume-Uni) en session 'Hot Lines', ces résultats donnant lieu simultanément à une publication 'on line' dans le New England Journal of Medicine.

Balance défavorable

ASCEND a donc comparé une dose de 100 mg d'AAS avec un placebo chez 15.480 patients diabétiques sans antécédents cardiovasculaires. L'âge moyen était de 63 ans, le suivi médian de 7,4 ans. Les critères principaux d'évaluation étaient les événements vasculaires sérieux (serious vascular events) et les saignements majeurs.

Les résultats semblent sans équivoque: l'AAS diminue de manière significative le risque d'événements vasculaires sérieux, en l'occurrence de 12%...Mais en augmentant dans le même temps de manière significative, soit de 29%, le risque de saignement.

Aucun sous-groupe susceptible d'obtenir un bénéfice plus marqué du traitement n'a pu être identifié. Aucune réduction du risque de cancer, avantage parfois rapporté dans des données antérieures, n'a été observée.

J Armitage et al., ESC annual meeting 2018, Munich. N Engl J Med August 26, 2018. DOI: 10.1056/NEJMoa1804988. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1804988?query=featured_home