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C'est une prouesse ! Hongwei Ouyang de l'Université de Zhejiang en Chine et ses collègues ont inventé une nouvelle colle biologique à partir d'un matériau d'hydrogel qui imite la composition de la matrice extracellulaire, un maillage de fibres protéiniques et de glycoprotéines.Cet hydrogel matriciel à base de biomacromolécules peut subir une gélification et une fixation rapides pour adhérer et ensuite sceller les artères et les parois cardiaques saignantes après irradiation par les rayons ultraviolets.Au cours de premières expériences avec des lapins, la colle expérimentale a été en mesure d'arrêter une hémorragie du foie en quelques secondes seulement. Placée sur la plaie hépatique, elle s'est rapidement solidifiée sous l'effet des rayons ultraviolets, jusqu'à ce que l'éruption soit stoppée. Le produit a également été capable de refermer une section de l'artère fémorale.L'équipe de recherche a aussi réalisé des tests avec des porcs. Un trou a été percé dans le ventricule gauche de leur coeur à l'aide d'une aiguille. Ensuite, la colle a été appliquée sur les plaies, suivie d'une dose de lumière ultraviolette. En moins de 30 secondes, le saignement s'est arrêté. Après deux semaines, les chercheurs ont analysé au microscope la plaie cardiaque qu'ils avaient suturé avec cette nouvelle technique. Ils se sont rendu compte que l'hydrogel matriciel avait scellé efficacement la plaie, et qu'il n'existait aucune réaction inflammatoire, ni aucun effet secondaire significatif, ni aucune désorganisation de l'architecture du tissu, confirmant ainsi l'excellente biocompatibilité du produit."C'est la première fois que des saignements à haute pression d'un coeur battant, représentant des trous de pénétration cardiaque de 6 millimètres de diamètre, ont pu être rapidement stoppés et que les plaies ont été scellées de manière stable dans les 20 secondes, et sans suture", commentent les auteurs.L'hydrogel matriciel a aussi permis d'arrêter le saignement sous haute pression des artères carotides de porc présentant des plaies d'incision de 4 à 5 mm de long.Signalons encore que ces réparations peuvent supporter une pression artérielle allant jusqu'à 290 mm Hg, ce qui est nettement supérieur à la pression artérielle dans la plupart des contextes cliniques (TA systolique de 60 à 160 mm Hg), et bien au-delà de ce que d'autres agents hémostatiques existants peuvent supporter. Des agents qui ne peuvent pas contrôler aussi rapidement l'hémorragie des plaies artérielles et cardiaques traumatiques en raison de leur faible adhérence aux tissus humides et mobiles, dont un bon nombre contiennent des produits chimiques nocifs et qui peuvent nécessiter des sutures supplémentaires par la suite.Reste à tester sur des organes humains le nouveau scellant adhésif qui, lui, n'a pas ces problèmes. Selon Hongwei Ouyang, le produit pourrait être prêt pour une utilisation en chirurgie humaine d'ici 3 à 5 ans.(référence : Nature Communications, 14 mai 2019, DOI : 10.1038/s41467-019-10004-7, et YouTube, 8 mai 2019)https://www.nature.com/articles/s41467-019-10004-7#article-infohttps://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=gKVumCVfW1c