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Si on connaissait déjà certaines conséquences néfastes de l'excès de graisse située sur le ventre comme le risque de développer des maladies cardiovasculaires, un diabète et des cancers, on ne se doutait pas qu'un tour de taille épais pouvait également avoir des incidences neurologiques. Pour mettre au jour ce lien, des chercheurs britanniques ont fait appel à 9 652 participants, âgés en moyenne de 55 ans, dont 19% étaient obèses (IMC au-delà de 30). L'IMC, le rapport taille/hanches et la graisse corporelle globale de chaque volontaire ont été mesurés. Les scientifiques ont aussi recouru à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour mesurer la quantité des substances blanche et grise dans le cerveau de chacun des bénévoles.Ils ont alors pu constater que 1 291 personnes ayant un IMC et un rapport taille-hanches élevés présentaient le plus faible volume moyen de matière grise (786 cm³, en moyenne), comparativement à 3 025 personnes ayant un IMC et un rapport taille-hanches dans la norme (798 cm³, en moyenne). Les 514 personnes dont l'IMC était élevé mais le rapport taille-hanches "sain" avaient pour leur part un volume moyen de matière grise de 793 cm³. En revanche, aucune différence significative n'a été constatée au niveau des volumes de substance blanche.L'étude montre bien qu'il y a un lien entre l'obésité, surtout au niveau ventral, et une diminution du volume de la matière grise dans le cerveau mais les auteurs n'ont pas pu déterminer si ce sont des anomalies de la structure du cerveau qui mènent à l'obésité ou si c'est l'obésité qui entraîne ces changements dans le cerveau. Des liens ont également été trouvés entre l'obésité et le rétrécissement de certaines régions cérébrales mais ils doivent être confirmés.(référence : Neurology, 9 janvier 2019, DOI : 10.1212/WNL.0000000000006879)http://n.neurology.org/content/early/2019/01/09/WNL.0000000000006879