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Il est possible de réduire la rigidité aortique grâce à des programmes d'entraînement supervisés, mais ceux-ci ne sont pas facilement généralisables. Le but de cette étude était de déterminer si l'entraînement physique en situation réelle pour un premier marathon peut inverser le raidissement des artères lié à l'âge.Pour le savoir, des scientifiques ont observé 138 sportifs participant pour la première fois au marathon de Londres, lors des éditions 2016 et 2017. Ces derniers n'avaient pas d'antécédents médicaux ou cardiaques importants et ne couraient pas plus de deux heures par semaine au départ. Ils étaient âgés de 21 à 69 ans et la cohorte était composée d'hommes à 49%. Il leur a été recommandé de suivre un plan d'entraînement qui comprenait trois sorties hebdomadaires, environ 6 à 13 miles (9,6 à 20,8 km) par semaine, de difficulté croissante pendant une période de 17 semaines précédant l'épreuve.L'examen des participants avant leur entraînement et deux semaines après leur marathon comprenait la pression artérielle centrale et la rigidité aortique en utilisant la distensibilité par résonance magnétique cardiovasculaire. L'âge aortique biologique a été calculé à partir de la relation chronologique âge-raideur. Le changement de rigidité a été évalué sur l'aorte ascendante et descendante au niveau de la bifurcation de l'artère pulmonaire et du diaphragme.Concrètement, l'entraînement a diminué la pression artérielle centrale systolique et diastolique de 4 mmHg et de 3 mmHg. Une augmentation de 9% de la distensibilité aortique descendante a été observée, ce qui correspond à une réduction de l'"âge aortique" de 3,9 à 4 ans. Ce bénéfice était plus important chez les coureurs masculins plus âgés avec des temps de course plus lents. Comme quoi il n'est jamais trop tard pour prendre soin de ses artères et de son coeur.(référence : Journal of the American College of Cardiology, 7 janvier 2020, doi : 10.1016/j.jacc.2019.10.045)