...

Cette nouvelle mouture met notamment l'accent sur les essais récents ayant montré l'innocuité et l'efficacité cardiovasculaires des inhibiteurs du SGLT2 (les gliflozines) et des agonistes des récepteurs du GLP-1 et qui ont conduit à un changement de paradigme dans le traitement hypoglycémiant du diabète de type 2. A la lumière de ces résultats, il est donc recommandé que ces deux classes d'antidiabétiques soient utilisées en première intention chez les diabétiques de type 2 avec ou à risque élevé de maladie cardiovasculaire.Toujours sur le versant médicamenteux:• Il est conseillé d'associer un anticoagulant oral de nouvelle génération (en particulier le rivaroxaban) à l'aspirine chez les diabétiques avec atteinte vasculaire périphérique.• Prudence vis-à-vis des statines chez les femmes diabétiques en âge de procréer et chez les jeunes diabétiques, car dans les deux cas nous manquons de recul pour en apprécier pleinement les conséquences. • Recours envisageable aux inhibiteurs de la PCSK9 pour les diabétiques présentant un risque très élevé de maladie cardiovasculaire qui n'atteignent pas l'objectif recommandé de moins de 55 mg/dl de cholestérol-LDL malgré un traitement par statines.Ce traitement médicamenteux s'inscrit bien entendu dans le cadre d'un mode de vie sain comportant :• l'arrêt du tabac, la réduction de l'apport en calories pour réduire l'excès pondéral et l'adoption d'un régime de type méditerranéen pour réduire le risque d'événements cardiovasculaires.• la réduction de la prise d'alcool car l'idée selon laquelle une consommation modérée a des effets bénéfiques en termes de prévention cardiovasculaire a été totalement contredite par 2 analyses et sur base de ces nouvelles conclusions, les recommandations ont été modifiées.• la pratique régulière d'activités physiques d'intensité modérée à vigoureuse et combinant des exercices aérobiques et de résistance pour une durée totale de 150 minutes minimum répartis sur la semaine. L'activité physique permet de retarder la conversion des états pré-diabétiques en diabète et chez les diabétiques, améliore le contrôle glycémique et réduit les complications cardiovasculaires.Le suivi de ces recommandations prend tout son sens lorsque l'on rappelle que la prévalence mondiale du diabète ne cesse d'augmenter ce qui ne manquera pas de poser de sérieuses questions aux économies en développement, qui adoptent maintenant les modes de vie occidentaux et où les personnes dont dépend la croissance deviennent donc plus à risque de développer un diabète de type 2.D'après la présentation de Francesco Cosentino (ESC 2019, Paris 31 août-4 septembre et la publication des guidelines dans l'European Heart Journal (https://doi.org/10.1093/eurheartj/ehz486).