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On sait que c'est l'HTA qui est le facteur de risque responsable du plus de décès dans le monde et que des hauts niveaux d'activité physique sont associés à une incidence plus faible de l'hypertension. Mais cette association persiste-t-elle pour des niveaux d'effort encore plus élevés, tels ceux atteints au cours du ski de fond pratiqué sur des distances longues ?C'est à cette question qu'ont voulu répondre des chercheurs suédois en menant une étude de type cas-témoins dans laquelle ont été inclus 206 889 participants à la Vasaloppet, une épreuve de ski de fond longue distance (environ 90 km) pratiquée en Suède, et 505 542 personnes échantillonnées au hasard dans la population générale et appariés selon l'âge, le sexe et le lieu de résidence. Les meilleures performances des skieurs (en pourcentage du temps gagnant) et le nombre de courses terminées au cours de l'étude ont été associées à l'incidence de l'HTA après la participation à la Vasaloppet, au cours d'un suivi médian de 8,3 années. Le risque relatif d'HTA s'est avéré presque deux fois plus faible chez les skieurs de fond (versus les non-skieurs). Chez les skieurs, une meilleure performance (en pourcentage du temps gagnant) a été fortement corrélée à une incidence plus faible d'hypertension. Cette association s'est avérée quasi-linéaire et indépendante du sexe. La relation entre incidence de l'HTA et le nombre de courses terminées au cours de la période de l'étude a été plus faible. Une analyse de sous-groupe chez 10 804 participants, intégrant les facteurs associés au style de vie, a abouti à des résultats similaires.En résumé, la participation à un événement de ski de fond est associée à une incidence d'HTA diminuée de 41% au cours des huit années qui suivent l'épreuve par rapport à la non-participation, l'association étant presque linéaire entre la performance et l'incidence de l'HTA. Cela s'ajoute à la liste des effets bénéfiques de l'entraînement intensif.(référence : Circulation, mars 2020, doi : 10.1161/CIRCULATIONAHA.119.042208)