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Des données, il ressort par exemple qu'un kilo de graisse viscérale supplémentaire augmente le risque de développement d'un diabète de type 2 d'un facteur 7 chez la femme alors qu'une même accumulation de graisse viscérale ne fait qu'un peu plus que doubler ce risque chez l'homme. Les investigateurs montrent également que la relation entre graisse viscérale et risque cardiovasculaire n'est pas linéaire. Une accumulation de graisse chez des personnes dont la quantité de graisse abdominale profonde est faible ou modérée fait très rapidement augmenter le risque, ce qui est nettement moins le cas quand l'accumulation de graisse se fait chez une personne présentant déjà beaucoup de graisse abdominale. Mais ce ne sont probablement pas, loin s'en faut, les aspects les plus importants de ce travail. En effet, la mise en évidence de ces données résulte de la mise au point par les investigateurs d'une méthode d'évaluation de la quantité de graisse viscérale qui repose non pas sur les coûteuses techniques d'imagerie, mais sur plusieurs paramètres facilement mesurables en clinique. C'est grâce à cela que l'étude a pu être menée sur un très grand nombre de personnes et les investigateurs avancent que cette méthode gagnerait à être utilisée largement en soins de santé car il existe des différences individuelles de distribution corporelle de la graisse et une personne dont l'IMC est normal peut très bien avoir une quantité nocive de graisse viscérale.Par ailleurs, à l'aide de données génétiques, les investigateurs ont mis en lumière l'existence bien réelle d'une relation de cause à effet entre la graisse viscérale et le risque accru de diabète, de crise cardiaque, d'hypertension et d'hyperlipidémie. Une relation causale dans laquelle interviennent plus de 200 gènes différents susceptibles d'influencer la quantité de graisse viscérale. A noter qu'une grande proportion de ces gènes est liée à notre comportement, ce qui confirme l'idée que les principaux facteurs contribuant à l'obésité abdominale sont une alimentation trop abondante et trop riche et un manque d'exercices physiques.D'après T Karlsson et al. Nat Med. 2019; 25: 1390-5. https://www.nature.com/articles/s41591-019-0563-7