...

Dans les 30 jours suivant leur infarctus du myocarde, 4 745 participants à l'essai randomisé dit COLCOT (Colchicine Cardiovascular Outcomes Trial) mené à double insu ont été assignés de façon aléatoire à recevoir quotidiennement et à long terme 0.5 mg de colchicine (2366 patients), ou un placebo (2379 patients), en complément de leur traitement standard. La Colchicine est un vieux médicament anti-inflammatoire puissant, administré par voie orale et indiqué notamment dans le traitement de la goutte et de la péricardite.Le critère d'efficacité primaire de cette étude multicentrique était une combinaison de décès d'origine cardiovasculaire, d'arrêt cardiorespiratoire ayant fait l'objet d'une réanimation, d'infarctus du myocarde, d'AVC ou d'une hospitalisation urgente pour angine nécessitant une revascularisation coronarienne.Au terme d'un suivi d'une durée médiane de 22,6 mois, la fréquence des évènements cardiovasculaires ischémiques combinés s'est avérée inférieure dans le groupe traité (0,5 mg/jour de colchicine), soit 5,5% versus 7,1% dans le groupe placebo, ce qui a conduit à une réduction significative de 23% du risque d'un premier évènement cardiovasculaire ischémique chez les patients ayant reçu la faible dose de colchicine par rapport à ceux qui n'ont pas bénéficié de ce traitement.La colchicine a été généralement bien tolérée, avec une diarrhée chez 9,7% et 8,9% des patients dans les groupes prenant la colchicine et le placebo respectivement. Une pneumonie a toutefois été rapportée comme effet indésirable sévère chez 0,9 % des patients recevant la colchicine versus 0,4 % des patients recevant le placebo.Parmi les patients ayant récemment subi un infarctus du myocarde, la colchicine à faible dose s'est donc avérée efficace pour prévenir les événements cardiovasculaires indésirables majeurs par rapport au placebo. L'avantage était principalement dû à une réduction de l'incidence des AVC et à une hospitalisation urgente pour un angor instable menant à la revascularisation. Le bénéfice de la colchicine est supposé être dû aux propriétés anti-inflammatoires du médicament.(référence : The New England Journal of Medicine, 16 novembre 2019, DOI : 10.1056/NEJMoa1912388)https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1912388