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Au sein d'une population globale de 13.490 diabétiques très obèses (IMC moyen ≥40 dans plus de 70% des cas) traités entre 1998 et 2017 à la clinique de Cleveland, une équipe américaine à évalué rétrospectivement les mérites respectifs des deux méthodes de chirurgie bariatrique les plus utilisées, à savoir la dérivation gastrique de Roux en Y (RYGB, n=1.362) et la sleeve gastrectomie (SG, n=693) par rapport à une prise en charge non chirurgicale classique (n=11.435 diabétiques obèses appariés). Le critère principal était la survenue d'un premier événement (coronarien et cérébro-vasculaire [y compris les revascularisations], défaillance cardiaque ou rénale, fibrillation auriculaire et décès toutes causes) dans le cadre d'un suivi allant jusque fin décembre 2018.A 5 ans l'incidence cumulée du critère principal était de 30,4% dans le groupe non chirurgical, de 24,7% dans le groupe SG (HR 0,69 ; IC 95% 0,56-0,85) et de 13,7% dans le groupe RYGB (HR 0,53 ; IC 95% 0,46-0,61).La comparaison des deux techniques bariatriques indique la supériorité du RYBG (HR ajusté 0,77; IC95% 0,60-0,98) pour le critère principal et il existe également une supériorité du RYGB pour l'incidence cumulée à 5 ans de néphropathie, soit 2,8% vs 8,3% pour la SG, HR 0,47 (IC 95% 0,28-0,79). Autres arguments en faveur du RYGB, une réduction plus importante du poids, de l'hémoglobine glyquée et de l'utilisation de médicaments antidiabétiques et à visée cardiovasculaire.La contrepartie négative de ces bénéfices du RYGB est un recours plus fréquent aux endoscopies digestives hautes (45,8% versus 35,6%, p< 0,001) et à des interventions chirurgicales abdominales (10,8% versus 5,4%, p= 0,001) par rapport à la SG dans le cadre du suivi. D'après Aminian A et al. Diabetes Care 2021; 44: 2552-63. https://doi.org/10.2337/dc20-3023