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Les investigateurs ont travaillé sur les dossiers médicaux électroniques de soins primaires britanniques de 370.854 personnes ayant reçu un diagnostic de diabète de type 2 depuis janvier 2000. Les changements temporels jusque 2017 ont été évalués pour 5 tranches d'âge 18-40, 41-50, 51-60, 61-70 et 71-80 ans et en tenant compte des facteurs de risque et des comorbidités, les investigateurs ont évalué l'impact sur la mortalité cardiovasculaire et la mortalité globale. Sur les 17 ans pris en compte dans l'étude, il est rapporté une augmentation absolue de 3% du diagnostic de type 2 pour la tranche d'âge 18-40 ans (9,5 ->12,5%, ce qui veut dire qu'un nouveau cas de diabète de type 2 sur 8 concerne désormais un sujet de moins de 40 ans). L'augmentation absolue pour les 41-50 ans est de 3,5% pour (14->17,5%). C'est dans le groupe des sujets les plus jeunes que sont documentés les IMC les plus élevés (moyenne 35 kg/m2 et 71% d'obèses), les moins bon contrôles glycémiques (HbA1c moyenne 8,6% et ≥ 7,5% chez 58%) et les moins bons profils lipidiques (LDL-cholestérol ≥ 100 mg/dl chez 71%). A noter encore dans cette tranche d'âge environ un tiers d'hypertendus et 2 à 4% avec antécédent d'événement macrovasculaire ou atteinte microvasculaire. Au total près du quart des patients de cette tranche d'âge indemnes d'atteinte cardiovasculaire ont été identifiés comme à haut risque cardiovasculaire. Dans toutes les tranches d'âge, le taux d'événements macrovasculaires a diminué entre 2000 et 2006, puis s'est stabilisé à partir de 2007. Sur la période de 17 ans, le taux de mortalité globale a diminué d'environ 20% chez les 60-69 ans et d'environ 30% chez les 70-79 ans, Il est en revanche resté inchangé chez les 18-59 ans. Le délai moyen avant survenue d'un événement cardiovasculaire ou du décès n'était pas différent entre les jeunes diabétiques de type 2 à risque cardiovasculaire accru et ceux ayant un risque non accru. Au total, la proportion de jeunes diabétiques de type 2 a augmenté de 2000 à 2017 et ces sujets ont une charge élevée de facteurs de risque cardiovasculaire. Alors que le risque de morbi-mortalité cardiovasculaire a diminué au cours des années chez les plus âgés, il reste globalement inchangé chez les plus jeunes. Au vu du phénotype plus agressif du diabète de type 2 chez les plus jeunes, les investigateurs plaident en faveur de stratégies plus intensives pour minimiser les risques via une amélioration de la situation.D'après D Koye et al. EASD 2019 OP14-82.