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Une nouvelle recherche a examiné la prévalence du dysfonctionnement olfactif et la récupération de l'odorat chez 2 581 patients Covid-19 identifiés du 22 mars au 3 juin 2020. Ces derniers provenaient de 18 hôpitaux européens et présentaient divers degrés de gravité du coronavirus. Les données épidémiologiques et cliniques ont été extraites au départ et dans les deux mois suivant l'infection.Les scientifiques ont observé que la prévalence de patients touchés par un dysfonctionnement olfactif est de 85,9% dans les cas bénins de Covid-19, de 4,5% dans les formes modérées et de 6,9% dans les cas allant de sévères à critiques.Sur les 1 916 patients atteints de dysfonctionnement olfactif, 1 363 ont terminé les évaluations (71,1%). Un total de 328 patients (24,1%) n'a pas récupéré subjectivement la fonction olfactive 60 jours après le début du dysfonctionnement. La durée moyenne du dysfonctionnement olfactif rapportée par les patients est de 21,6 jours.Des évaluations olfactives objectives ont identifié une hyposmie/anosmie dans 54,7% des formes légères de Covid-19 et 36,6% des cas légers et des cas modérés à critiques. À 60 jours et 6 mois, respectivement 15,3% et 4,7% de ces patients anosmiques/hyposmiques n'ont pas récupéré objectivement leur odorat. "Le dysfonctionnement olfactif est plus répandu dans les formes légères de Covid-19 que dans les formes modérées à critiques, et 95% des patients récupèrent leur odorat six mois après l'infection," conclut le premier auteur, le Pr Jérôme Lechien.Par conséquent, le dysfonctionnement olfactif pourrait devenir un des signes cliniques les plus prédictifs non seulement de la maladie mais aussi de son degré de sévérité. Enfin, si une personne est touchée par le coronavirus et qu'elle est victime d'une perte d'odorat, cela n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. Cela signifie peut-être qu'elle a contracté une forme légère de la maladie.(référence : Journal of Internal Medicine, 5 janvier 2021, doi : 10.1111/joim.13209)