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Du 17 au 28 juin 2020, des chercheurs de l'école de santé publique de l'université Johns Hopkins ont interviewé 1 030 habitants de l'Etat américain du Maryland afin de recueillir des informations socio-démographiques et géographiques pertinentes en lien avec l'adoption d'interventions de type non pharmaceutique et l'accès au dépistage du SARS-CoV-2 et d'examiner les associations avec la positivité autodéclarée du coronavirus.Les participants ont répondu à des questions sur leurs déplacements récents à partir du domicile, leur usage des transports en commun, le port du masque, leur éventuelle contamination récente par le SARS-CoV-2, leur pratique de la distanciation sociale et les pratiques connexes, etc. Au total, 55 (5,3%) des 1030 participants ont été testés positifs au SARS-CoV-2 à tout moment, tandis que 18 (1,7%) ont déclaré l'avoir contracté dans les deux semaines précédant l'enquête.92% ont déclaré avoir voyagé pour des services essentiels et 66% ont rendu visite à des amis ou à la famille. L'utilisation des transports publics a été signalée par 18%. 68% ont assuré avoir maintenu une distanciation sociale stricte en intérieur et 53% avoir respecté strictement le port du masque également en intérieur.L'analyse des données montre que le respect de la distanciation sociale réduit significativement les risques de contamination. Les chercheurs constatent aussi que le fait de passer plus de temps dans les lieux publics est fortement associé à des antécédents d'infection par le SRAS-CoV-2. Par exemple, parmi les participants qui ont pris les transports en commun au moins trois fois dans les deux semaines ayant précédé l'étude, les infections au SARS-CoV-2 sont 4,3 fois plus fréquentes, comparativement aux personnes n'ayant pas utilisé ces moyens de transport au cours de la période de deux semaines. Les personnes ayant été dans un lieu de culte trois fois ou plus au cours des deux semaines précédant l'enquête ont 16 fois plus de risque d'avoir été contaminées.Autre constat : les personnes qui sont particulièrement à risque de subir une forme grave de la Covid-19 sont globalement conscientes de leur vulnérabilité. Par exemple, 81% des plus de 65 ans ont respecté les mesures de distanciation sociale lors d'activités de plein air, contre seulement 58% des 18-24 ans. Ces résultats sont cohérents avec le message général de santé publique selon lequel le port du masque, la distanciation sociale et la limitation des déplacements dans la mesure du possible réduisent la transmission du SARS-CoV-2. "Nos résultats soutiennent l'idée que si vous sortez, vous devez maintenir une distanciation sociale la plus stricte possible, car cela semble associé à un risque plus faible d'être infecté," assure l'auteur principal de l'étude Sunil Solomon. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour les activités indoor avec un grand nombre de personnes (lieux de culte et transports en commun) où des interventions de type non pharmaceutique peuvent ne pas être possibles ou se révéler insuffisantes.L'équipe de Sunil Solomon suggère par ailleurs que des études similaires, utilisant des enquêtes rapides et peu coûteuses auprès de groupes cibles, pourraient également devenir des outils épidémiologiques utiles pour prédire, en fonction des comportements, où et parmi quels groupes les maladies infectieuses se propageront le plus rapidement, puis pour mobiliser les ressources de santé publique en conséquence.(référence : Clinical Infectious Diseases, 2 septembre 2020, 10.1093/cid/ciaa1313)