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L'institut anversois de référence internationale avait déjà élaboré en interne un test spécifique pour le Zika par PCR (polymerase chain reaction). Une méthode de biologie moléculaire d'amplification génique in vitro, qui en dupliquant des centaines de millions de fois la séquence d'ARN connue du virus, permet de détecter sa présence. Toutefois, cette PCR accuse certaines restrictions." Ce test n'est utile qu'endéans une semaine ou deux semaines qui suivent le début des symptômes, respectivement dans le sérum ou les urines. Il devient ensuite négatif et ne peut donc pas exclure une infection récente où le virus serait déjà éliminé. D'où l'importance de mentionner la date de la fièvre sur la demande d'analyse pour l'interprétation ", explique le Pr Emmanuel Bottieau, directeur du service de maladies tropicales de l'IMT.La PCR se veut complémentaire à la détection d'anticorps contre le virus. Pour renforcer ce screening, le laboratoire de biologie clinique de l'institut reçoit ce jeudi des tests sérologiques " spécifiques " au Zika. Mais là aussi, le procédé affiche certaines contrariétés telles que les faux positifs. " Nous devons encore les valider, car il y a des risques de réactions croisées avec le virus de la dengue, le virus du Nil occidental, etc. À ce stade, nous ne pouvons donc pas donner de chiffres précis de sensibilité et spécificité ", précise le Pr Bottieau. " Le monde entier passe commande " Les réunions d'urgence entre experts, cliniciens et ministres se multiplient aux quatre coins de la planète. Les responsables entendent coordonner des actions et des politiques de santé plus larges face à la propagation fulgurante de l'épidémie. En Belgique, le nombre de personnes contaminées est de l'ordre de la dizaine selon l'IMT, essentiellement de retour de voyage dans les zones touchées. Le risque d'importation du Zika est d'ailleurs minimisé par Maggie De Block, qui n'a confirmé qu'un seul cas, remontant au mois de décembre.L'institut médical d'Anvers équipé tout récemment des tests sérologiques ne l'est d'ailleurs qu'en " petit nombre d'abord. Le monde entier passe commande en ce moment auprès de la firme les produisant, comme pour les équipements protecteurs lors de la crise Ebola ", remet en contexte Emmanuel Bottieau.L'entreprise allemande Euroimmun commercialise ledit test combinant deux méthodes, l'Elisa (technique immuno-enzymatique de détection grâce à une réaction colorée antigène-anticorps) et l'immunofluorescence indirecte (technique d'immunomarquage qui utilise un anticorps primaire dirigé contre l'antigène recherché et un secondaire, marqué par un fluorochrome, très sensible au premier)." Les tests sont appropriés pour le criblage rapide de grands nombres d'échantillons et donc permettent de suivre la propagation du virus ", assurait Katja Steinhagen, chef du département de sérologie infectieuse d'Euroimmun lors du lancement commercial... le 29 janvier dernier. Suivi médical particulier L'intérêt présenté par ce nouveau test sérologique est qu'il permet certes de déceler les infections aiguës, dans la plupart des cas à partir du cinquième jour après les premiers symptômes, mais surtout les infections passées dues au virus Zika. Une approche importante pour les diagnostics différentiels de fièvres virales, chikungunya et autres, provoquant les mêmes symptômes et étant véhiculées par le même moustique.À noter qu'à ce stade, l'IMT réserve ces tests uniquement aux femmes enceintes. " Et après discussion avec le clinicien, car l'interprétation sera toujours délicate ", souligne le Pr Bottieau. " Il n'y a pas de traitement spécifique pour un patient diagnostiqué avec Zika. L'infection guérit spontanément. On s'assurera qu'il n'y a pas éventuellement de souhait de grossesse imminent au sein d'un couple ".Les épidémies dues au Zika mettent à jour un nombre de données croissantes établissant un lien entre l'infection intra-utérine et la microcéphalie. Si de plus amples études seront nécessaires pour comprendre cette relation, le Centre européen de contrôle des maladies recommande aux obstétriciens, pédiatres et neurologues de se tenir extrêmement attentifs aux patients présentant des malformations congénitales du système nerveux central, des microcéphalies ou un syndrome de Guillain-Barré.Si ce diagnostic venait à être posé chez une femme enceinte, la patiente devrait bénéficier bien sûr d'un suivi particulier chez le gynécologue, en équipe pluridisciplinaire. " Tout cela doit être bien sûr discuté lors d'une consultation spécialisée IMT/cliniques du voyage/hôpitaux universitaires ", conclut le Pr Emmanuel Bottieau.