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Les chercheurs ont suivi, entre 2006 et 2011, près de 5.000 bébés, tous nés entre 22 et 27 semaines. Ils ont conclu qu'à 22 semaines, le bébé ne survivait pas hors de l'utérus maternel sans aide médicale. Sur les 78 cas où la réanimation a été mise en place, 18 ont survécu. Parmi eux, en grandissant, 7 nouveau-nés n'ont pas souffert de déficiences modérées ou sévères. Mais 6 autres ont été victimes de cécité, de surdité ou bien de paralysie cérébrale. En revanche, à partir de la 23e semaine, les résultats sont plus encourageants. Sur 755 nourrissons, 542 ont reçu un traitement. Environ un tiers a survécu et la moitié de ces derniers n'ont eu aucun problème en grandissant. Par ailleurs, en interrogeant les principaux centres de soins pour grands prématurés, les scientifiques chercheurs ont découvert de fortes disparités dans la prise en charge des bébés nés à 22 ou 23 semaines de gestation. Certaines unités néonatales n'offrent aucun traitement médical actif tandis que d'autres négocient avec les assurances les soins comme la ventilation, l'intubation ou l'administration de traitements pour la maturation des poumons. Cette étude incite à reconsidérer le seuil de viabilité du foetus, un thème qui suscite un débat éthique dans notre société compte tenu des risques importants de séquelles.