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La crise que nous traversons actuellement touche un grand nombre de personnes sur le plan psychologique, les jeunes et les personnes âgées plus particulièrement mais toutes les tranches d'âges sont en réalité concernées. Et oser demander de l'aide, chose tout à fait légitime, n'est pas toujours évident. Sarah Katz, psychologue/psycho-traumatologue, coordinatrice de la cellule Psy-covid du Chirec :"J'ai pu constater dans mes consultations, aux urgences et autour de moi que l'impact psychologique de cette crise sanitaire est de plus en plus présent. Mais on commence seulement à en prendre conscience et à parler de la santé mentale." "Par ailleurs, la majorité des personnes impactées ne savent pas toujours à qui s'adresser et ne se trouvent pas toujours légitimes de consulter un spécialiste pour une souffrance émotionnelle", poursuit la psychologue. Cette cellule a pour but de prendre en charge l'impact psychologique chez tout le monde. "Nous accompagnons aussi bien les gens touchés de près que de loin. Aussi bien les personnes qui ont été atteintes par le Covid, que celles qui ont perdu un proche, ou encore des patients qui ont des difficultés au niveau de leur emploi, et ceux qui souffrent de l'isolement et du confinement."Elle permettra d'oser demander de l'aide et d'avoir un soutien adéquat : "oui en effet, j'entends souvent dire : je n'en peux plus mais moi je n'ai pas perdu un proche, je n'ai donc pas la légitimité de consulter." Une cellule psy covid : le petit plusCette cellule se différencie d'une consultation classique par la spécialisation des thérapeutes : "notre cellule est composée de psycho traumatologues qui ont l'habitude de traiter les traumas aigus mais également de psys qui ont travaillé dans des unités covid et donc qui depuis près d'un an accompagnent la souffrance psychique en lien avec la crise sanitaire actuelle. Il y a également des psychologues d'orientation systémiques et cognitivo comportementalistes." Le patient sera redirigé en fonction de son besoin. 'Par ailleurs, on a débloqué de nouvelles plages horaires de consultations pour pouvoir prendre des patients dans un délai plus rapide et on va adapter la fréquence en fonction de la demande et de l'urgence du patient. On pourrait voir un patient, une ou deux fois par semaine par exemple, tout dépendra de la demande. On s'adaptera." Les modalités de timing et paiements restent quant à elles habituelles.Ca craque de partout"On voit une détresse qui grandit de plus en plus chez les jeunes et les personnes âgées, les soignants, les personnes isolées, mais en réalité toutes les tranches d'âges sont concernées", précise Sarah Katz. "On remarque que les problématiques les plus rencontrées sont l'isolement, la souffrance en lien avec le travail lié au télétravail ou à l'adaptation des conditions de travail. Les gens sont extrêmement anxieux jusqu'à parfois avoir des idées noires. C'est la peur du virus et l'incertitude concernant l'avenir ; des craintes et des problématiques auxquelles on fait face actuellement." "Une personne en télétravail, qui ne voit plus ses amis", donne comme exemple la psychologue, "peut avoir une recrudescence de l'anxiété. Les personnes qui ont des enfants en bas âges sont elles aussi souvent assez surmenées. Et puis nombreux indépendants comme les gens de métiers de contacts craquent car leur l'avenir est incertain." En pratique La cellule débutera en février avec trois ou quatre psychologues "il y a de fortes chances que l'équipe s'agrandisse. Par ailleurs d'autres antennes pourraient également s'ouvrir dans d'autres centres de notre groupe hospitalier comme au Lambermont ou à Cavell.