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Pourtant, dix ans plus tard, trop peu de patients savent qu'ils peuvent choisir librement leur soignant et en changer à tout moment, qu'ils ont droit à une information claire et complète sur leur état de santé, mais aussi sur le traitement lui-même (ses conséquences, son coût, etc), qu'ils peuvent même refuser d'être informés ou encore que leur consentement explicite est obligatoire avant tout traitement.Le patient ignore aussi trop souvent qu'il a accès à son dossier médical, qu'il peut en demander une copie (0,10 euro par page et 25 euros maximum, pour autant que le soignant réclame un paiement) et qu'en cas de refus, il peut introduire un recours auprès du service de médiation fédéral Droits du patient (www.droitsdupatient.be).En 2011, les médiateurs ont reçu 650 plaintes et 350 demandes d'information, un chiffre qui dénote sans doute d'une faible connaissance de l'existence de ce service, mais aussi des droits des patients eux-mêmes, selon la médiatrice francophone Marie-Noëlle Verhaegen.A ses yeux, les praticiens, jadis confrontés à une certaine confusion sur la communication de données objectives ou les craintes d'atteinte à la vie privée, sont aujourd'hui mieux sensibilisés, mais des progrès restent à faire.Le service de médiation suggère ainsi d'améliorer la formation des praticiens à la communication et au dialogue et de renforcer l'instance des contrôle pour les dentistes, qui apparaissent comme les praticiens les moins sensibles aux droits des patients. Il propose aussi de clarifier le statut des psychologues afin qu'ils soient visés par la loi "droits des patients" ou encore de préciser les données à reprendre dans le dossier médical en fonction des professions."Le patient doit être incité à poser des questions sur les soins et son état de santé afin qu'il puisse faire les meilleurs choix à ses yeux", souligne la ministre de la Santé Laurette Onkelinx.La campagne d'information insiste sur la nécessaire relation de confiance. "Dans une bonne relation, on sait ce que l'autre peut apporter. Entre un soignant et son patient, c'est la même chose", en est le slogan.