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L'agence américaine du médicament (FDA) a donné son feu vert mardi à la vente de cette molécule, commercialisée sous forme de spray nasal qui doit soulager des patients adultes dont la dépression résiste aux molécules actuellement disponibles, comme le Prozac par exemple. Le nouveau médicament sera vendu aux Etats-Unis sous le nom de Spravato, produit par le laboratoire Janssen qui regroupe les activités pharmaceutiques de Johnson & Johnson, et ne pourra être pris que sous surveillance médicale en raison de possibles effets secondaires. "C'est une évolution majeure dans le traitement de la dépression", souligne auprès de l'AFP le docteur Pierre de Maricourt, chef de service de l'hôpital Sainte-Anne à Paris, qui a participé à deux des essais cliniques de phase 3 financés par Janssen, concernant les patients atteints de dépression résistante aux traitements habituels et la lutte contre les risques imminents de suicide chez les déprimés. Selon l'Organisation mondiale de la santé, quelque 300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, une maladie qui limite grandement la capacité à mener une vie quotidienne normale mais dont la gravité est souvent sous-estimée ou confondue avec une déprime passagère. Les cas les plus graves peuvent mener au suicide, souligne l'agence onusienne. L'eskétamine agit très vite --au bout de quelques jours seulement-- comparée à la plupart des anti-dépresseurs commercialisés actuellement, qui peuvent mettre plusieurs semaines avant d'avoir un effet. Une des craintes suscitée par l'utilisation de l'eskétamine réside dans les possibles effets secondaires. En effet, la kétamine, parfois surnommée "Special K" ou Kit Kat ou encore vitamine K est utilisée comme une drogue euphorisante qui intensifie les perceptions sensorielles, mais elle peut aussi parfois mener à un sentiment de dissociation, de sortie de son propre corps. Selon le laboratoire, cet effet a été observé pendant les tests cliniques moins d'une heure après la prise du médicament, quand les patients étaient encore sous surveillance des équipes médicales, et il se dissipe le même jour. Pour cette raison, "ce sera a priori un traitement à délivrance hospitalière en raison de la nécessité d'une surveillance du patient dans l'heure qui suit l'administration du médicament. On ne le prend pas tous les jours et pas à la maison", explique le docteur de Maricourt. Le médicament pourra être inhalé une ou deux fois par semaine, selon le laboratoire, qui juge aussi que le risque d'addiction, également évoqué, ne s'est pas concrétisé lors des essais cliniques. Janssen a également déposé une demande de mise sur le marché auprès de l'Agence européenne des médicaments en octobre 2018.