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Tubbe, vient du nom de la maison de retraite suédoise Tubberödshus qui applique un système assez innovateur. Dans ce modèle, les décisions se prennent en commun et la participation de tous (résidents, personnel, familles...) est encouragée. Cela permet d'assurer aux résidents les soins nécessaires, tout en tenant compte de leurs besoins et des souhaits individuels, dans un cadre agréable pour tout le monde. En proposant une organisation et une gestion axées sur le relationnel, les résidents s'impliquent pleinement dans la vie de l'institution, par exemple en choisissant ou en préparant des animations, en participant à la préparation des repas, ou encore, en distribuant le courrier. Les membres du personnel ont la possibilité de sortir de leur rôle de soignants et d'exploiter d'autres compétences dans le cadre d'activités sociales. Ils sont encouragés à passer plus de temps avec les résidents et à être à l'écoute de leurs besoins et souhaits, ce qui leur permet de retrouver le sentiment d'exercer une profession stimulante et gratifiante. La direction elle-même change de rôle, passant d'une posture de management à celle de coach. Les rapports avec les familles sont encouragés, par exemple via la participation à des repas et activités de l'institution. La maison de repos devient vraiment un lieu de vie et de travail agréable et motivant, où les compétences de chacun sont mises au service du bonheur de tous.Aujourd'hui, les conditions de travail sont plutôt éprouvantes pour le personnel soignant. La pression du temps et la multiplicité des tâches à effectuer, le manque de temps passé auprès des résidents, font que le bien être au travail devient difficile à atteindre.À la demande d'acteurs belges du secteur et de citoyens, plusieurs directeurs de maisons de repos et de soins ont cherché à mieux connaître la méthode Tubbe. Dès 2015, la Fondation Roi Baudouin a organisé une série de visites et de contacts avec les initiateurs suédois, et a soutenu des projets pilotes en Belgique. Six maisons de repos et de soins (trois en Wallonie et trois en Flandre) ont ainsi introduit, petit à petit le modèle Tubbe."Les infirmières et les aides-soignantes ont désormais la possibilité de faire autre chose que ce qui relève strictement de leur profession et de valoriser leurs autres capacités. Avant, elles se sentaient coupables quand on les surprenait assises avec les résidents. Aujourd'hui, ça fait partie de leur rôle." Francine Leclerc, responsable d'unité de vie à la Résidence Régina. "Après un an et demi d'expérience , 53% des membres du personnel affirment que les soins au sein de leur département se sont considérablement améliorés. Et 67% d'entre eux déclarent avoir une influence sur la manière dont leur département fonctionne."Tous ensemble, on peut vraiment faire une belle démarche, qui va pousser à l'autonomie des résidents et du personnel. Tout le monde est gagnant ! " Philippe Van de Broeck, directeur de la maison de repos La Reine-des-Prés.Carole Stavart