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Le rapport sur la performance du système belge de soins de santé (Health system performance assessment - HSPA) " s'inscrit dans une démarche internationale de monitoring des systèmes de soins à travers l'Europe. Il permet aux autorités des différents pays de planifier leur stratégie de santé, d'établir des comparaisons entre pays et de se fixer des objectifs à atteindre ". L'objectif final est " d'offrir à la population un système de santé de grande qualité à un coût abordable ".Le rapport HSPA belge doit se lire en cinq dimensions : l'accessibilité, la qualité, l'efficience, la soutenabilité et l'équité des soins. Il analyse plus en détails cinq thématiques : les soins préventifs, les soins de santé mentale, les soins aux personnes âgées et les soins de fin de vie auxquelles s'ajoute pour la première fois cette année, les soins à la mère et au nouveau-né.Pour la première fois également, les chercheurs mettent à disposition un site internet : healthybelgium.be. Il propose le rapport sur l'état de santé de la population (Health Status Report, réalisé par Sciensano) et celui sur les variations de pratiques de soins (réalisé par l'Inami). Médecins, gestionnaires, universitaires, étudiants, journalistes peuvent télécharger les données des 121 indicateurs sous forme de graphiques dynamiques. " Une mine d'information ", indique le KCE.Que conclure de ces 121 indicateurs ? La qualité des soins en Belgique est " plutôt bonne ", leur sécurité est " plutôt moyenne " (feu orange pour les maladies nosocomiales). Ce soins sont-ils conformes aux recommandations de bonne pratique ? Le KCE pointe essentiellement comme point noir la prescription des antibiotiques. " Plusieurs indicateurs, dont l'utilisation inadéquate de radiographies de la colonne vertébrale, amorcent une tendance vertueuse. "Les dépenses de santé totales (publiques et privées) sont stables depuis 2009 à 10% du PIB, légèrement plus que la moyenne européenne. " Notre système de santé peut être considéré comme relativement accessible, grâce à notre assurance maladie obligatoire, doublée de filets de sécurité sociaux pour les revenus les plus faibles (interventions majorées, maximum à facturer). "Quel fardeau pour le patient ? " La contribution personnelle par habitant diminue légèrement mais la proportion des personnes qui ont dû reporter des consultations médicales pour des raisons financières reste plus élevée que la moyenne européenne, surtout pour les catégories sociales les plus défavorisées ".Ce public précaire participe également moins au dépistage du cancer, va moins fréquemment chez le dentiste, consomme plus de médicaments. On découvrira dans quelques temps le couplage des données de santé aux données économiques (revenus, travail, allocations) que le KCE n'a pas pu réaliser encore." Les indicateurs relatifs à la médecine générale et aux soins infirmiers mettent en question la capacité de la Belgique à faire face au vieillissement de la population et à l'augmentation des maladies chroniques ", note le baromètre santé. " Le nombre de médecins généralistes en exercice pose problème, mais aussi leur âge moyen. Contrairement aux besoins évalués par la commission de planification, les jeunes diplômés s'orientent toujours trop vers la médecine spécialisée au détriment de la médecine générale (mais cette situation semble s'améliorer). Petite consolation : l'utilisation des dossiers médicaux informatisés progresse bien et le recours aux médicaments bon marché continue à augmenter. "En maisons de repos, on prescrit trop d'anticholinergiques, antidépresseurs et neuroleptiques mais le taux de vaccination contre la grippe y est plus élevé qu'à domicile. " Les soins de santé mentale restent les parents pauvres du système, avec des délais d'attente parfois considérables avant un premier contact. Les prescriptions d'antidépresseurs continuent à augmenter, comme partout en Europe, mais les chiffres belges restent plus élevés que la moyenne, surtout en Wallonie. "Enfin, au tableau noir, épinglons la prévention notamment la vaccination des adolescents contre la rougeole, trop faible en Wallonie et à Bruxelles et celle contre la grippe est insuffisante chez les personnes âgées dans les trois régions. " Le dépistage du cancer du sein - surtout le dépistage organisé - est trop peu suivi, en particulier à Bruxelles et en Wallonie. " Le taux de mortalité néonatale est favorable.Il manque au total de véritables objectifs de santé mesurables. " Utiliser un identifiant unique pour chaque patient permettrait de suivre chaque personne à travers l'entièreté du système de soins mais sans faire l'économie d'un débat autour des enjeux éthiques, juridiques et techniques d'une telle entreprise ", conclut le KCE.