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Récemment, une étude du service Santé publique du CHU de Liège a souligné l'importance du nombre de coureurs amateurs qui prennent des médicaments sans l'avis préalable d'un médecin. Près d'un amateur de course à pied sur trois consomme régulièrement des médicaments, principalement des antidouleurs et anti-inflammatoires, et 10 % d'entre eux en prennent pour augmenter leurs performances. Au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles, le députée PS, Jean-Pierre Denis, s'en inquiète : " Ces personnes peuvent aggraver leurs blessures ou développer les effets secondaires de ces médicaments. " Son collègue, le député cdH François Desquesnes évoque, pour sa part, les " 5 à 6 % des produits qualifiés de produits dopants, qu'il s'agisse d'analgésiques ou de produits bronchodilatateurs. Cet aspect est interpellant. Ce dopage peut être présent "à l'insu de son plein gré". Certaines personnes ont effectivement utilisé un médicament sans savoir qu'il avait des effets dopants. " Il attire aussi l'attention des médecins et des amateurs de sport sur " la surreprésentation du nombre de cas parmi les sportifs pratiquant en clubs. Pourtant, les clubs sont censés offrir un encadrement ainsi qu'un minimum d'informations. " Eviter le recours à l'automédication Pour ce député, des questions se posent : "Si les chiffres se confirment à plus grande échelle, cela signifie que certains praticiens utilisent des médicaments à des fins autres que curatives ou thérapeutiques. "Face à ces constats, le ministre francophone des sports, René Collin, tient un discours sans équivoque : " Il faut à tout prix éviter qu'un sportif, comme tout citoyen d'ailleurs, ait recours à l'automédication. Outre le fait que certains produits ingurgités sont sur la liste des produits dopants, la prise de médicaments sans concertation avec un professionnel de la médecine peut entraîner à terme des problèmes médicaux sérieux. Citons par exemple les anti-inflammatoires, qui peuvent provoquer une insuffisance rénale, ou encore les aspirines qui, prises de manière inconsidérée, peuvent engendrer des indisponibilités plus longues en cas d'entorses ou de lésions musculaires puisqu'elles agissent comme un anticoagulant sanguin et obligent donc l'organisme à résorber un volume de sang plus important. "Selon lui, des contrôles sont réalisés sur des sportifs amateurs - " ils représentent 30 % des sportifs contrôlés en FWB ". Le ministre rappelle qu'à " la suite d'un contrôle antidopage, ceux-ci peuvent demander une autorisation à usage thérapeutique rétroactive. Il est aussi recommandé aux sportifs de renoncer à l'automédication et aux compléments alimentaires. "Le ministre cdH entend aller plus loin : " J'ai demandé à mon administration de concevoir, en collaboration avec l'Organisation nationale antidopage (ONAD), une plaquette d'informations sur les dangers de l'utilisation de produits dopants et des produits habituellement utilisés en automédication, comme l'aspirine, les anti-inflammatoires, la codéine, etc."Par ailleurs, le ministre, pour lutter concrètement contre ce phénomène, a fait inscrire dans l'avant-projet d'arrêté "fitness" une disposition prévoyant l'obligation, pour les exploitants de salles désireux d'obtenir le label, de sensibiliser "les sportifs aux bénéfices d'une alimentation saine et aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires".En outre, dans le cadre de la commission de Prévention des risques, l'importance du certificat médical de non-contre-indication à la pratique sportive a été rappelée !René Collin a, enfin, annoncé que les déviances dans le sport feront l'objet d'un colloque organisé dans le courant de l'année 2016. Avis aux médecins intéressés.