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La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) n'a toujours pas digéré l'ambition du gouvernement Hollande de généraliser d'ici deux ans le système du tiers payant. Après avoir déjà réuni plus de 40.000 prestataires de soins en mars dernier, la confédération cherche de nouveaux moyens de marquer l'opinion publique. Et pourquoi pas en s'associant aux médecins belges. " C'est assez amusant, ils reprennent l'exemple de notre grève de 1964, avec la fameuse opération valise ", sourit le Dr Roland Lemye. L'ancien président et actuel administrateur de l'Absym se remémore ces départs massifs en vacances de Pâques organisés à l'époque pour contester la loi de l'assurance maladie obligatoire.Il est encore prématuré d'évoquer un plan d'actions, mais les représentants des médecins des deux pays partagent une même détermination. " Nous sentons une mobilisation au niveau de la base jamais vue auparavant ", estime le Dr Lemye.Avec cette obligation du tiers payant, la plupart des médecins belges comme français se sentent dépossédés de leur engagement social. " Il y a des tas de gens qu'on soigne gratuitement parce qu'ils n'ont pas d'assurance du tout, des SDF, des sans-papiers, des illégaux, dont les mutuelles se moquent éperdument puisque ce ne sont pas des affiliés ", affirme le représentant de l'Absym.Pour l'Absym et la CSMF, la base doit plus que jamais se mobiliser pour mettre les choses à plat. De là à partir en grève et se couper totalement des patients ? " Il faut d'abord sensibiliser. Nous préfèrerons une désobéissance civile. Ne pas respecter l'obligation du tiers payant. Et s'il arrivait qu'on soit sanctionné à cause de cela, évidemment que nous mènerons des grèves. Nos médecins sont prêts à le faire ", conclut le généraliste de Courcelles.Retrouvez l'article détaillé dans le Jdm de ce vendredi 12 juin, avec la charge notamment du Dr Lemye contre l'instrumentalisation du tiers payant obligatoire par les mutuelles.