Au départ d'une demande de certificat

Une maman désemparée au téléphone sollicite la rédaction de trois certificats de dispense de port du masque pour ses petiots, atteints de mille maux depuis qu'íls doivent se couvrir le bas du visage en classe. Interrompu par cet appel durant une consultation difficile, l'échange se passe mal et se termine par un refus aussi mal perçu par la maman que mal vécu par moi-même.

Et si nous réécrivions le scénario ? Inventer l'histoire telle qu'on aimerait qu'elle se passe, sur le mode d'un passage initiatique plutôt que sur celui d'une contrainte supplémentaire, d'un loup de carnaval et non d'une muselière. La même maman annonçant aux gosses que désormais ils porteraient le masque comme les grands, comme les parents, comme le docteur. Me revient le film " La vie est belle ", de Benigni, Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 1998, fable cinématographique dans laquelle l'horreur d'Auschwitz est dissimulée par un père un peu fou pour son fils en un jeu aussi crédible que possible. Il faut imaginer le masque heureux.

Saint Nicolas à la rescousse

Le même matin en classe, visite du Grand Saint, le bas du visage dissimulé par un foulard bariolé sur sa longue barbe blanche, et qui en distribue aux enfants sages, des rouges, des bleus, des verts de toutes tailles et de tous modèles. Tous personnalisables, chacun aura le sien à son image, qu'il pourra améliorer chez lui s'il le souhaite. Ensuite Saint Nicolas devient patelin, et tous masqués écoutent une sombre histoire de bestioles venues de Chine qui livrent une guerre féroce aux abeilles, aux mouches et surtout aux petits enfants. Ces derniers se protègent à l'instar des grandes personnes, et même mieux, par des masques mieux adaptés, plus jolis, plus drôles qu'ils ne peuvent perdre sous aucun prétexte.

Demain à l'école en classe de français se rejouera l'histoire des lutins au visage dissimulé, articulant les mots et utilisant bras et gestes pour pour affronter les coronas. En un seul jour, ils sont devenus pareils aux grands élèves de la cour voisine, responsables et solidaires, un stimulant qui leur fait accepter bien de petits désagréments. La classe se termine par une visite virtuelle au musée Ensor, panégyrique du masque sous toutes ses formes ou l'art le dispute à la réalité.

Affronter le virus comme un jeu

Aucune contrainte ne résiste au jeu ni à l'imaginaire quand des artistes enseignants se trouvent aux commandes. Cette histoire est bien sûr entièrement inventée, " oeuvre de pure fiction et en conséquence, toute ressemblance, ou similitude avec des personnages et des faits existants ou ayant existé, ne saurait être que coïncidence fortuite. " Chiche ? Est-elle plus sotte que la prescription de certificats médicaux dispensant de sauter l'obstacle, pis-aller qui ne saurait être la meilleure option pour préparer nos gosses à affronter les innombrables épidémies et fléaux qu'ils rencontreront inévitablement demain.

Une maman désemparée au téléphone sollicite la rédaction de trois certificats de dispense de port du masque pour ses petiots, atteints de mille maux depuis qu'íls doivent se couvrir le bas du visage en classe. Interrompu par cet appel durant une consultation difficile, l'échange se passe mal et se termine par un refus aussi mal perçu par la maman que mal vécu par moi-même.Et si nous réécrivions le scénario ? Inventer l'histoire telle qu'on aimerait qu'elle se passe, sur le mode d'un passage initiatique plutôt que sur celui d'une contrainte supplémentaire, d'un loup de carnaval et non d'une muselière. La même maman annonçant aux gosses que désormais ils porteraient le masque comme les grands, comme les parents, comme le docteur. Me revient le film " La vie est belle ", de Benigni, Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 1998, fable cinématographique dans laquelle l'horreur d'Auschwitz est dissimulée par un père un peu fou pour son fils en un jeu aussi crédible que possible. Il faut imaginer le masque heureux. Le même matin en classe, visite du Grand Saint, le bas du visage dissimulé par un foulard bariolé sur sa longue barbe blanche, et qui en distribue aux enfants sages, des rouges, des bleus, des verts de toutes tailles et de tous modèles. Tous personnalisables, chacun aura le sien à son image, qu'il pourra améliorer chez lui s'il le souhaite. Ensuite Saint Nicolas devient patelin, et tous masqués écoutent une sombre histoire de bestioles venues de Chine qui livrent une guerre féroce aux abeilles, aux mouches et surtout aux petits enfants. Ces derniers se protègent à l'instar des grandes personnes, et même mieux, par des masques mieux adaptés, plus jolis, plus drôles qu'ils ne peuvent perdre sous aucun prétexte.Demain à l'école en classe de français se rejouera l'histoire des lutins au visage dissimulé, articulant les mots et utilisant bras et gestes pour pour affronter les coronas. En un seul jour, ils sont devenus pareils aux grands élèves de la cour voisine, responsables et solidaires, un stimulant qui leur fait accepter bien de petits désagréments. La classe se termine par une visite virtuelle au musée Ensor, panégyrique du masque sous toutes ses formes ou l'art le dispute à la réalité.Aucune contrainte ne résiste au jeu ni à l'imaginaire quand des artistes enseignants se trouvent aux commandes. Cette histoire est bien sûr entièrement inventée, " oeuvre de pure fiction et en conséquence, toute ressemblance, ou similitude avec des personnages et des faits existants ou ayant existé, ne saurait être que coïncidence fortuite. " Chiche ? Est-elle plus sotte que la prescription de certificats médicaux dispensant de sauter l'obstacle, pis-aller qui ne saurait être la meilleure option pour préparer nos gosses à affronter les innombrables épidémies et fléaux qu'ils rencontreront inévitablement demain.