Il tient sa soeur par la main, lui intime l'ordre d'attendre et me salue à la volée. Le chien les promène au bout d'une laisse qui sent le neuf, un minuscule bichon maltais aussi comique que court sur pattes. Il ne doit guère avoir plus de six mois d'existence, et déjà le monde est à ses pieds. Il est aux commandes du trio et décide quand on passe, jappe hors de propos, mordille le bout des lacets et sniffe tout ce qui brille au soleil.

Eux maintiennent comme ils peuvent leur nouveau petit compagnon adopté à Noël, portant fièrement un énorme panier-niche destiné à l'abriter, avec un gros coussin rouge à l'intérieur et un noeud décoratif. L'achat est récent, les dépasse par la taille et son choix a dû prendre du temps. Le frère supporte l'essentiel de la charge, la soeur guide et retient le chien. Je leur souris intérieurement, me souvenant des dents de lait et des angines de l'aîné, des diarrhées d'intolérance au lait de sa cadette. Et je croque en une seconde, dans la lumière pure de ce début d'été, intense, dorée, ce tableau charmant de la vie toute simple qui revient sur ce trottoir ensoleillé, dont ils porteront sans aucun doute le souvenir quand ils seront, lui, un vieil homme, elle, une vieille femme, rassasiés de jours et que douleur, joie et sagesse auront passé au tamis les chromos de leurs vies.

Il tient sa soeur par la main, lui intime l'ordre d'attendre et me salue à la volée. Le chien les promène au bout d'une laisse qui sent le neuf, un minuscule bichon maltais aussi comique que court sur pattes. Il ne doit guère avoir plus de six mois d'existence, et déjà le monde est à ses pieds. Il est aux commandes du trio et décide quand on passe, jappe hors de propos, mordille le bout des lacets et sniffe tout ce qui brille au soleil.Eux maintiennent comme ils peuvent leur nouveau petit compagnon adopté à Noël, portant fièrement un énorme panier-niche destiné à l'abriter, avec un gros coussin rouge à l'intérieur et un noeud décoratif. L'achat est récent, les dépasse par la taille et son choix a dû prendre du temps. Le frère supporte l'essentiel de la charge, la soeur guide et retient le chien. Je leur souris intérieurement, me souvenant des dents de lait et des angines de l'aîné, des diarrhées d'intolérance au lait de sa cadette. Et je croque en une seconde, dans la lumière pure de ce début d'été, intense, dorée, ce tableau charmant de la vie toute simple qui revient sur ce trottoir ensoleillé, dont ils porteront sans aucun doute le souvenir quand ils seront, lui, un vieil homme, elle, une vieille femme, rassasiés de jours et que douleur, joie et sagesse auront passé au tamis les chromos de leurs vies.