Entre autres hypothèses, une évidence, la peur de la blouse blanche et des miasmes qu'elle recèle. Etonnant revirement qui en quelques heures voit le patient tordu de douleur décommander son rendez-vous car guéri, " on ne voudrait surtout pas vous surcharger, ni vous contaminer, prenez surtout bien soin de vous ". Les rares téméraires qui se risquent à franchir la porte jettent un regard éperdu sur la réserve de gel hydroalcoolique, la qualité de votre masque, la propreté de l'écran en plexiglas, le renouvellement du papier de la table d'examen, et demeurent figés devant la porte du cabinet afin de ne pas devoir en toucher la poignée.

Plus prosaïque sans doute, l'efficacité des consignes reçues par les médias de ne consulter son médecin que par téléphone, le renouvellement des prescriptions, certificats d'incapacité de travail et autres documents administratifs s'étant simultanément vus simplifier et recommander. Oubliées les attentes d'un rendez-vous lointain, les files dans les salles d'attente, les justifications foireuses pour obtenir une incapacité de travail, demandez et vous recevrez, sans que cela vous coûte. Traiter un patient après l'avoir écouté, ausculté, palpé, constituait la doxa de toute pratique médicale dans un passé récent. Distanciation sociale et gestes barrières obligent, place à une télémédecine en expansion rapide qui transforme le médecin négligent d'hier en personne responsable d'aujourd'hui, car " prendre soin de soi c'est prendre soin des autres ".

Comment s'épargner les interrogations qui fâchent ? De quoi souffrent donc tous ces patients qui consultent en temps normal, de maux réels le plus souvent mineurs, d'un besoin de voir nommés leurs symptômes motivant une mise au repos, d'un souhait de réassurance par la périodicité de contrôles routiniers (mesure des chiffres tensionnels, du poids, dosage du cholestérol, renouvellement des médications chroniques) ou au contraire de plaintes sournoises, inquiétantes mais postposées en période de la pandémie à des temps meilleurs. Le Covid-19 serait-il la nappe de brouillard occultant tout le reste du paysage médical ?

Le déconfinement signifiera-t-il pour autant le retour aux habitudes anciennes ? Comment faire rentrer la buée dans la bouteille, une fois ancrées les habitudes de prescriptions téléphoniques, de diagnostics à distance sans examen clinique, de certificats attribués sur foi d'une simple déclaration de mal être ? Le maintien du certificat médical obligatoire, jusqu'ici pierre angulaire de l'entrée en maladie, ne se verra-t-il pas un jour ou l'autre remis en question par l'expérimentation en temps réel de nouvelles normes fondées sur la confiance et des possibilités offertes par le télétravail ?

Le corps médical lui-même ne verrait sans doute pas d'un mauvais oeil l'abandon des certificats médicaux de toute sorte, des consultations routinières pour des plaintes relevant du simple inconfort au bénéfice d'une médecine plus lente, privilégiant l'acte intellectuel et axée davantage sur la prévention et l'écoute. A condition de bénéficier d'une rémunération correcte, comme ce fut le cas pendant la pandémie, des prestations administratives réalisables à distance. Tous y gagneraient et cette galère aurait au moins servi à quelque chose.

Entre autres hypothèses, une évidence, la peur de la blouse blanche et des miasmes qu'elle recèle. Etonnant revirement qui en quelques heures voit le patient tordu de douleur décommander son rendez-vous car guéri, " on ne voudrait surtout pas vous surcharger, ni vous contaminer, prenez surtout bien soin de vous ". Les rares téméraires qui se risquent à franchir la porte jettent un regard éperdu sur la réserve de gel hydroalcoolique, la qualité de votre masque, la propreté de l'écran en plexiglas, le renouvellement du papier de la table d'examen, et demeurent figés devant la porte du cabinet afin de ne pas devoir en toucher la poignée.Plus prosaïque sans doute, l'efficacité des consignes reçues par les médias de ne consulter son médecin que par téléphone, le renouvellement des prescriptions, certificats d'incapacité de travail et autres documents administratifs s'étant simultanément vus simplifier et recommander. Oubliées les attentes d'un rendez-vous lointain, les files dans les salles d'attente, les justifications foireuses pour obtenir une incapacité de travail, demandez et vous recevrez, sans que cela vous coûte. Traiter un patient après l'avoir écouté, ausculté, palpé, constituait la doxa de toute pratique médicale dans un passé récent. Distanciation sociale et gestes barrières obligent, place à une télémédecine en expansion rapide qui transforme le médecin négligent d'hier en personne responsable d'aujourd'hui, car " prendre soin de soi c'est prendre soin des autres ".Comment s'épargner les interrogations qui fâchent ? De quoi souffrent donc tous ces patients qui consultent en temps normal, de maux réels le plus souvent mineurs, d'un besoin de voir nommés leurs symptômes motivant une mise au repos, d'un souhait de réassurance par la périodicité de contrôles routiniers (mesure des chiffres tensionnels, du poids, dosage du cholestérol, renouvellement des médications chroniques) ou au contraire de plaintes sournoises, inquiétantes mais postposées en période de la pandémie à des temps meilleurs. Le Covid-19 serait-il la nappe de brouillard occultant tout le reste du paysage médical ?Le déconfinement signifiera-t-il pour autant le retour aux habitudes anciennes ? Comment faire rentrer la buée dans la bouteille, une fois ancrées les habitudes de prescriptions téléphoniques, de diagnostics à distance sans examen clinique, de certificats attribués sur foi d'une simple déclaration de mal être ? Le maintien du certificat médical obligatoire, jusqu'ici pierre angulaire de l'entrée en maladie, ne se verra-t-il pas un jour ou l'autre remis en question par l'expérimentation en temps réel de nouvelles normes fondées sur la confiance et des possibilités offertes par le télétravail ?Le corps médical lui-même ne verrait sans doute pas d'un mauvais oeil l'abandon des certificats médicaux de toute sorte, des consultations routinières pour des plaintes relevant du simple inconfort au bénéfice d'une médecine plus lente, privilégiant l'acte intellectuel et axée davantage sur la prévention et l'écoute. A condition de bénéficier d'une rémunération correcte, comme ce fut le cas pendant la pandémie, des prestations administratives réalisables à distance. Tous y gagneraient et cette galère aurait au moins servi à quelque chose.