Il ne fallait rater cette fin annoncée du Covid sous aucun prétexte, puisque les chiffres baissent, baissent, baissent. Moins de morts, les soins intensifs respirent, les gosses en classe, les centres commerciaux à nouveau encombrés, la vie normale quoi. Les mauvaises nouvelles au feu et les experts au milieu.

Comme un désenchantement

Telles qu'on les imaginait on ne les retrouve pas. Le soleil de Provence est aux abonnés absents et on se les caille, coincés par tables de quatre sous l'averse et dans le froid, engoncés dans nos vestes d'hiver, se protégeant comme on peut de la pluie qui vous dégouline dans le dos si vous êtes placés du mauvais côté du parasol. Les carbonnades flamandes dans leur sauce à la bière sont froides et la Duvel est tiède. Il y a foule, mais sans plus. On disait que c'était la fête, mais moins drôle qu'annoncée.

Le médecin fatigué que je suis demeure perplexe devant cette précipitation à retrouver la vie d'avant, les caddies pleins...

En un sens, je m'en réjouis sans oser le dire. Il y a quelque chose de puéril dans cette course à la liberté retrouvée et au retour à la normalité comme si rien ne s'était passé. Le médecin fatigué que je suis demeure perplexe devant cette précipitation à retrouver la vie d'avant, les caddies pleins, les réservations effrénées sur TravelBird " car deux ans sans avion c'est une souffrance ". Comment est possible cet oubli programmé de tous ces deuils, de toutes ces souffrances vécues dans la solitude, de l'épuisement vécu par tant de soignants ?

A lire et à entendre tant d'âneries, on n'ose imaginer une quatrième vague toujours possible, ou une nouvelle pandémie avec un virus encore plus redoutable, car ayant appris de la précédente.

Il ne fallait rater cette fin annoncée du Covid sous aucun prétexte, puisque les chiffres baissent, baissent, baissent. Moins de morts, les soins intensifs respirent, les gosses en classe, les centres commerciaux à nouveau encombrés, la vie normale quoi. Les mauvaises nouvelles au feu et les experts au milieu. Telles qu'on les imaginait on ne les retrouve pas. Le soleil de Provence est aux abonnés absents et on se les caille, coincés par tables de quatre sous l'averse et dans le froid, engoncés dans nos vestes d'hiver, se protégeant comme on peut de la pluie qui vous dégouline dans le dos si vous êtes placés du mauvais côté du parasol. Les carbonnades flamandes dans leur sauce à la bière sont froides et la Duvel est tiède. Il y a foule, mais sans plus. On disait que c'était la fête, mais moins drôle qu'annoncée.En un sens, je m'en réjouis sans oser le dire. Il y a quelque chose de puéril dans cette course à la liberté retrouvée et au retour à la normalité comme si rien ne s'était passé. Le médecin fatigué que je suis demeure perplexe devant cette précipitation à retrouver la vie d'avant, les caddies pleins, les réservations effrénées sur TravelBird " car deux ans sans avion c'est une souffrance ". Comment est possible cet oubli programmé de tous ces deuils, de toutes ces souffrances vécues dans la solitude, de l'épuisement vécu par tant de soignants ?A lire et à entendre tant d'âneries, on n'ose imaginer une quatrième vague toujours possible, ou une nouvelle pandémie avec un virus encore plus redoutable, car ayant appris de la précédente.