Samedi 26 octobre, La Libre a publié une interview avec Jean-Paul Knaepen, le numéro 1 d'EPC-Familia, une entreprise coopérative wallonne exploitant 100 pharmacies. Il y exprime sa vision du rôle du pharmacien dans la société actuelle. Il serait, dit-il, " intéressant d'un point de vue sociétal de conférer au pharmacien le droit à la substitution par rapport à la prescription du médecin (...) car les médecins n'ont pas toujours une connaissance actualisée des médicaments, certains prescrivent des choses qui à la limite ne sont même plus sur le marché ". Selon Knaepen, le pharmacien doit se voir octroyer la possibilité de " répondre à la demande du patient en fonction de ses besoins. " Si le pharmacien se voyait octroyer le droit à la substitution, " le patient serait alors bien mieux servi et aurait accès à un médicament moins cher ".

Les réflexions de cet entrepreneur ont eu le don d'agacer le Dr Philippe Devos, le président de l'Absym, notamment celles sur la relative incompétence des médecins en matière de médicaments. Dire que leur connaissance des médicaments " n'est pas à jour ", est, pour l'Absym, " une allégation des plus choquantes ". Globalement, la position de M. Knaepen est " injurieuse à l'égard de l'ensemble des médecins ".

L'Absym accepte que les pharmaciens puissent travailler de manière complémentaire aux médecins " mais il est totalement inacceptable qu'ils se substituent à ces derniers ". " Il appartient au médecin de poser un diagnostic et de démarrer un traitement en fonction des besoins médicaux du patient ", répond l'Absym. Et de se demander si tous les pharmaciens partagent cet avis ou bien s'il s'agit d'un lapsus...