...

La mesure du tiers payant obligatoire pour les patients à faible revenu entrera en vigueur le 1er juillet. Solidaris explique comprendre le point de vue des médecins. Mais la mutuelle est catégorique sur un point : elle ne souscrit pas à la proposition du corps médical de supprimer purement et simplement le tiers payant pour les personnes les plus démunies, soit environ 1,5 million de personnes, selon Solidaris. Toujours selon Solidaris, en 2012-2013, plus d'un Wallon sur cinq retardent ou renoncent à des soins de santé. Les causes invoquées ? Des difficultés financières. La mutuelle déclare que 16,3% de la population belge auraient pourtant eu besoin de ces soins. Elle explique également que certaines catégories sociodémographiques sont plus touchées que d'autres, notamment les femmes (25%) et les familles monoparentales (44%). Solidaris juge cette situation inacceptable. Basée sur ces arguments, la mutuelle soutient la mise en oeuvre du tiers-payant pour les bénéficiaires de l'intervention majorée (BIM). Outre le maintien de la disposition au 1er juillet 2015, Solidaris demande aussi que l'obligation du tiers-payant soit étendue aux malades chroniques, comme cela avait été prévu initialement dans la loi. La réponse de Solidaris aux médecins Solidaris a souhaité répondre aux remarques techniques relevées par les médecins. Pour elle, la facturation électronique, qui entre également en vigueur à partir du 1er juillet 2015, doit faciliter l'utilisation du système du tiers payant par les médecins. De plus, le remboursement de ce que les médecins auront avancé se fera dans les 15 jours. Solidaris se dit donc convaincue de la bonne mise en oeuvre du système du tiers payant sans mise à mal de l'exercice du métier de médecin. Chez certains médecins, la vision est tout autre. " Vous n'avez aucune connaissance de la réalité de la profession de médecin généraliste " avance le docteur Michel De Volder à l'encontre de Solidaris. " Il n'a jamais été dans l'intention des médecins manifestant de refuser le tiers payant. Mais nous voulons décider seuls s'il s'applique à nos patients, sans la restriction du BIM, car nous avons la connaissance du terrain".