Légalement, seuls les ophtalmologues et les orthoptistes sont autorisés à réaliser des tests de la vue et à adapter les lentilles de contact. Toutefois, en pratique, les optométristes et les opticiens posent également ces actes. S'ils le font de bonne foi, ils n'ont pas toujours reçu la formation adéquate et, en l'absence de réglementation, le SPF Santé publique ne peut effectuer aucun contrôle. Les porteurs de lunettes n'ont donc pas de garantie de la qualité des soins qu'ils reçoivent, relève la ministre.

Les orthoptistes-optométristes seront autorisés à poser certains actes de manière autonome, notamment des mesures oculaires. La profession d'orthoptiste sera élargie par de nouvelles compétences. De leur côté, les ophtalmologues recevront un soutien de première ligne pour certaines activités, ce qui leur permettra de consacrer plus de temps aux soins oculaires complexes et donc d'utiliser au mieux leurs compétences, estime Mme De Block.

Les orthoptistes-optométristes seront obligés d'adresser les patients à un ophtalmologue dans certains cas, par exemple s'il s'agit d'une personne de moins de 16 ans ou s'il y a un soupçon de maladie oculaire.

Les ophtalmologues n'ont pas encore vu, malgré leurs demandes répétées, le nouvel arrêté royal. Les informations qu'ils ont recueillies suscitent toutefois leur inquiétude.

Diagnostic complexe

"Le diagnostic en ophtalmologie va bien au-delà de la seule mesure de la pression oculaire et de l'acuité visuelle. Pour une consultation approfondie des plaintes visuelles, l'examen nécessite un haut niveau de technicité, avec un équipement coûteux, et une longue période d'apprentissage, ainsi qu'une connaissance générale de la théorie des maladies. L'ophtalmologue est avant tout un médecin généraliste qui a suivi une formation de quatre ans pour mieux maîtriser les troubles de la vue et leur implication avec la santé en général", rappellent le syndicat des ophtalmologues Soos et l'association professionnelle des ophtalmologistes dans un communiqué.

L'un et l'autre insistent sur la séparation stricte qui doit exister entre les soins oculaires et la vente de lunettes. Ils redoutent que le test réalisé soit lié à la vente de lunettes afin de le rentabiliser.

Les ophtalmologues sont demandeurs, sur base de leurs propres examens, de confier des actes techniques spécifiques à des paramédicaux. Plutôt que de créer une nouvelle profession, ils demandent d'optimiser ce qui existe déjà, à savoir les orthoptistes trop peu nombreux en Belgique.