Une première chose m'a sauté aux yeux (à l'oreille) ! C'est, soit la méconnaissance totale du secteur par les intervenants politiques, soit leur soucis de présenter un discours convenu sensé flatter leur électorat, soit les deux (je laisse lecteur le soin de trancher entre ces possibilités). Il a fallu toute la patience et la pédagogie de messieurs de Toeuf et Hermesse pour sans arrêt recadrer le propos. Je ne pense pas que j'aurais eu cette patience.

Au-delà du cadre strict du débat, je ne peux que m'inquiéter comme bénéficiaire des services de santé, du fait que les représentants politiques que j'ai entendus seront à la manoeuvre après le 26 mai...

Plusieurs éléments énoncés pendant le débat m'ont interpellés mais je n'ai ni la place ni l'envie d'en faire l'inventaire. Je me contenterai de relever un des propos entendus. En consultant sans doute à la hâte et en dernière minute un des documents mis à sa disposition pour préparer le débat, le représentant du PTB a compris que le salaire annuel brut moyen du médecin spécialiste en Belgique est de 250.000 euros et s'est offusqué de ce montant "astronomique" proposant dans la foulée de le réduire considérablement pour dégager les marges nécessaires au financement de la suppression de certains tickets modérateurs.

De tels propos me paraissent dangereux s'ils ne sont pas vigoureusement contredits.

Tout le monde connaît le rapport obsessionnel du PTB à l'argent mais je ne comprends pas que les autres intervenants au débat n'aient pas rappelé que, si les excès doivent être combattus, tout travail mérite un salaire proportionnel à l'investissement consenti et qu'il y a un prix à payer pour une médecine de qualité et pour l'accessibilité aux soins.

Non, monsieur le représentant du PTB, 250.000 euros annuels bruts ne constituent pas un salaire astronomique pour un médecin spécialiste compétent, investi et disponible à son patient.

VOUS irez vous faire soigner dans l'univers des médecins sous-payés ! Moi pas ! Et j'invite tous ceux qui tiennent à une médecine de qualité et accessible à réaffirmer avec moi qu'il convient de rémunérer sans excès mais correctement ceux qui la pratiquent.