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L'incapacité de travail est un poste non négligeable du budget de la sécurité sociale sans être le plus lourd. Mais ces dernières années, les malades de longue durée (est dite " en invalidité " la personne malade depuis plus d'un an) se sont pressés aux portes de la sécu.C'est pourquoi Maggie De Block a décidé d'agir, parfois au grand dam des syndicats et de certaines mutuelles, Solidaris notamment. La ministre a préparé deux questionnaires à l'attention du malade lui-même, qualifié de " meilleur indicateur pour décider si un trajet de réintégration individuel a de bonnes chances de réussir ".Conscient que plus longue est l'incapacité de travail plus difficile est le retour sur le marché de l'emploi, la personne concernée sera contactée après un mois de maladie et recevra un questionnaire. " Ce questionnaire a un double objectif : examiner quels facteurs entravent la réintégration et quels facteurs la favorisent. Sur la base de ce questionnaire, le médecin-conseil peut ainsi évaluer rapidement l'opportunité d'un trajet de réintégration. Quelqu'un qui est spontanément retourné travailler endéans les quelques mois, n'a pas besoin de trajet. Une personne malade en phase terminale non plus. " Après 6 mois de maladie: la personne concernée est invitée pour un entretien personnel avec un collaborateur de la mutualité. " Au cours de cet entretien, un second questionnaire est utilisé comme ligne directrice. L'objectif est d'examiner entre quatre yeux quels facteurs entravent la réintégration et quels facteurs peuvent la favoriser. "Cet entretien est obligatoire au risque sinon de perdre une partie de son allocation.De ces mesures, la ministre espère 8,3 millions d'euros d'économies.Le deuxième aspect est d'inciter les médecins dont les médecins traitants à communiquer entre eux. Pour cette raison, " les médecins recevront, pour leur collaboration, une indemnité limitée supplémentaire par patient à déterminer en concertation au sein de l'Inami". Le cabinet De Block veut en effet impliquer activement les médecins afin qu'ils remplissent leur rôle dans la réinsertion des malades de longue durée aussi bien que possible. "Ils sont en effet idéalement placés pour aider les malades de longue durée à retourner au travail", indique le cabinet De Block interrogé par le jdM. Partenaires sociaux La ministre en appelle à la responsabilité des partenaires sociaux "qui devront veiller à ce qu'aussi peu de personnes possibles soient des malades de longue durée (burn out par exemple) au sein de leur entreprise ". Les entreprises qui investissent dans la réintégration des travailleurs en incapacité de travail seront encouragées. Une partie de l'allocation sera payée non plus par la mutualité mais bien par l'employeur.En outre, l'Inami examinera la raison pour laquelle il existe de si grandes différences d'interprétation quant à la perte de capacité de travail à 66%. 23 millions sont espérés.En marge de ce dossier, 59 millions sont espérés en matière de patent cliff (changement au niveau des brevets qui permet des baisses de prix des médicaments). " Le prix des médicaments qui ne sont plus sous brevet ou sous intention de brevet et qui peuvent être produits librement, a chuté plus tôt. Depuis le 1er mars 2016 les prix plongent fortement vers le bas. "De Block veut aussi lutter contre la fraude et la surconsommation. " Il s'agit par exemple de la facturation d'examens qui ne sont pas exécutés ou qui n'étaient pas nécessaires. "