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Le Pr Jean-Louis Vincent, intensiviste au Service des soins intensifs de l'Hôpital Erasme et le Pr Jacques Creteur, chef du service soins intensifs, ont commenté ces résultats lors d'une conférence de presse en marge de l'ouverture du 35e congrès International Symposium of Intensive Care and Emergency Medecine, consacré au soins intensifs et aux urgentistes, qui rassemble 6.000 personnes du 17 au 20 mars au Mont des Arts à Bruxelles.En 2013, 4,6% des décès enregistrés en Flandre sont des euthanasies, révèle cette étude réalisée sur 6.000 certificats de décès. "Mais, sous couvert de l'anonymat, les médecins flamands qui ont rédigé ces certificats ont admis avoir abrégé très régulièrement les souffrances inutiles des patients", ont précisé les Pr Vincent et Creteur. Ainsi, 47,8% du total des décès enregistrés ont été précédés d'une intervention médicale.Selon le Pr Vincent, "en soins intensifs, les morts sont programmées. Les décès inopinés sont excessivement rares. Quasi personne ne décède à quatre heures du matin. Il s'agit de donner rapidement des calmants et de raccourcir ainsi la fin de vie que l'on sait inévitable."En Belgique, il n'est légalement pas autorisé d'augmenter les calmants pour précipiter la mort. Malgré que la pratique semble répandue, "nous sommes face à un No man's land juridique", a lancé le Pr Vincent.Face à cette situation, le professeur plaide en faveur de l'adoption d'une nouvelle loi "protégeant les médecins". "La loi sur l'euthanasie, qui doit être demandée, ne nous est d'aucun secours dans ces situations où le patient n'a plus de vie cognitive."La Société Belge de Soins Intensifs, dont le Pr Vincent est l'ancien président, souhaite que le fait de "raccourcir le processus de fin de vie par l'usage de médicaments" soit légalisé.