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Cette fois, une équipe de ce même CHU vient de poser avec succès une prothèse de sternum en céramique d'alumine poreuse sur la face avant de la cage thoracique d'une patiente de 55 ans. Une première mondiale. Traitée pendant neuf ans pour un cancer du sein, la patiente avait développé un cancer radio-induit de son sternum. Les médecins ont donc procédé à l'ablation de 90% de son sternum pour éviter la prolifération des métastases avant d'effectuer la greffe en mars dernier. Quatre mois plus tard, le bilan de cette opération s'avère très positif. En totale rémission, la patiente se rétablit progressivement et ses capacités respiratoires s'améliorent, selon le Dr François Bertin, chirurgien thoracique et cardio-vasculaire. Jusqu'à présent, dans le cas d'un sternum infecté ou métastasé, les traitements " traditionnels " (prothèse en titane ou en ciment osseux avec fixations métalliques) se sont avérés complexes, contraignants, rigides et limités et surtout ils provoquent une réduction de la capacité respiratoire sur le long terme et multiplient le risque infectieux. Par contre, la céramique d'alumine utilisée récemment est un matériau qui ne s'est jamais infecté et qui est très résistant. Comme cette matière est poreuse, les os restants de la cage thoracique peuvent s'intégrer durablement dans le nouveau sternum mis au point par la société I.CERAM, créée en 2006 à Limoges. La prothèse implantée fait environ la taille d'une main, avec une épaisseur faible de 4 à 5 mm. Dans le processus de rémission, la porosité en forme de labyrinthe de la prothèse permet au sang de l'imprégner de manière homogène et de mieux se fixer sur les os environnants, l'implant devenant partie intégrante des os en l'espace de 6 mois. De plus, l'inertie de ce matériau et sa biocompatibilité totale, associée à une résistance mécanique parfaitement maîtrisée, assurent la souplesse du thorax une fois l'opération terminée, ce qui améliore significativement le confort et la qualité de vie du patient. Cette implantation d'une prothèse de sternum marque un tournant dans la chirurgie des infections et des métastases osseuses. Outre qu'elle limite les risques d'infection et de rejet, elle permet un gain de temps opératoire significatif, de l'ordre de 30 à 45 minutes par rapport aux alternatives à base de ciment qui nécessitent un modelage au cours de l'opération. Ce gain de temps réduit les risques de complications. Toutefois, avant de déclarer de manière définitive cette opération comme un succès, l'équipe médicale avoue avoir encore besoin d'un peu plus de recul clinique de manière à pouvoir analyser la réaction du corps humain et la manière dont l'implant " vit " dans son nouveau milieu. Elle prévoit d'implanter assez rapidement d'autres patients tandis que le directeur d'I.Ceram annonce une production des céramiques à la chaîne afin de proposer une gamme de prothèses standardisées.