Centré sur la profession médicale, on peut y lire : " Je respecterai les acquis scientifiques acquis des médecins qui m'ont précédé. Je partagerai volontiers mes connaissances avec celles et ceux qui suivront. " Les médecins ne sont plus les seuls dépositaires des connaissances médicales et le serment d'Hippocrate devrait le refléter. Où sont les chercheurs, les paramédicaux, les travailleurs sociaux ou les patients ? Inclure ces acteurs de terrain aurait une portée symbolique appréciée.

Relier traitement et prévention

Une autre section indique : " Je vais appliquer, au profit des malades, toutes les mesures nécessaires pour éviter le double piège du surtraitement et du nihilisme thérapeutique. " Les récents progrès de la médecine préventive et prédictive mettent l'accent sur la nécessité pour les médecins de ne pas seulement soigner ceux qui présentent déjà des symptômes et qui ont besoin d'un traitement, mais également indiquer aux personnes en bonne santé comment le rester, bénéficiant au passage des applications de santé permettant d'analyser et de prévoir les risques au niveau individuel ou de population. Cette vision devrait être incluse dans le serment.

Reconnaissance des technologies

Le serment d'Hippocrate ne peut ignorer les technologies. Il doit reconnaître l'impact transformateur des technologies médicales, traditionnelles aussi bien que numériques, sur les soins de santé. À l'ancestral art de guérir doivent se voir ajoutés l'algorithme du programmeur, le médicament du pharmacien et les technologies disponibles dans un passage qui deviendrait : " Je contribuerai à prévenir les maladies chaque fois que je le pourrai avec mes connaissances et les technologies disponibles. "

Un apprentissage tout au long de la vie

Outre les technologies, il est tout aussi essentiel de faire bénéficier le patient des dernières innovations. Cela nécessite une ouverture vers de nouveaux concepts, idées ou dispositifs médicaux au-travers de la formation continue. Un rappel de cette obligation pourrait donner un élan symbolique à cet apprentissage tout au long de la vie.

Un partenariat avec le patient

L'accès à l'information n'est plus un privilège des médecins, les patients ayant désormais également accès à des informations crédibles sur la prise en charge de leurs maladies. Cet acquis transforme fondamentalement la relation hiérarchique patient-médecin et jette les bases d'un partenariat collaboratif. Pourquoi ne pas l'inclure : " Je traiterai mes patients dans un partenariat d'égalité, facilitant leur accès à l'information. Je n'aurai pas honte à reconnaître les limites de mes connaissances en faisant appel à mes collègues lorsque leurs compétences sont nécessaires au rétablissement du patient. "

Redéfinir la confidentialité

Le respect de la vie privée des patients est un passage essentiel du serment. Cependant, on n'y retrouve aucune indication évoquant la confidentialité des données. La nécessité de les protéger est primordiale, nous devons donc l'inclure : " Je respecterai la vie privée de mes patients et protégerai leurs données médicales, car les problèmes qui m'ont été confiés n'ont pas à être divulgués, ni utilisés à des fins commerciales. "

(1) Why An Upgraded Hippocratic Oath Is Needed In The Digital Era. The Medical Futurist. 18 July 2018. https://medicalfuturist.com