PMG : le GBO veut équité, stabilité et pérennité

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Le GBO appuie le communiqué du FAGW sur les postes médicaux de garde (PMG). La formule fonctionne, elle diminue la pénibilité et devrait donc rendre la médecine générale plus attractive dans les communes en pénurie. Misons sur ce système plutôt qu'une garde organisée par les médecins de terrain à leurs frais. Puisque c'est une obligation légale, l'Etat doit la financer. Les transferts sud-nord avantageant la Flandre doivent être objectivés.

© Photopqr/ouest France/maxppp

Depuis le long entretien que Guy Delrée a accordé au jdM le 7 février (N°2573), le FAGW qu'il préside publie des chiffres présentés en médico-mut en fin d'année : les transferts sud-nord qui profitent à la Flandre se monteraient à plus d'un million d'euros en deux ans. Le GBO, syndicat majoritaire parmi les médecins généralistes francophones, a réagi à ce communiqué vendredi soir.

Le GBO " dénonce depuis longtemps des dérives à dimension communautaire dans le subventionnement des postes de garde de médecine générale ". Pour Paul De Munck, qui préside le GBO, " le budget devient trop étroit, et on pourrait vivement contester certains choix. La ministre de tutelle, Maggie De Block, reste sourde à des demandes de subsides liées à des spécificités wallonnes, comme le financement de l'ouverture des postes en soirée de semaine dans des zones qui manquent de généralistes ".

Un système qui a fait ses preuves

Le syndicat de MG place toujours sa confiance dans ce système qui a fait ses preuves et " qui contribue à l'attrait de la profession et à la rétention des jeunes diplômés ".

Le GBO affirme n'avoir eu de cesse de tirer la sonnette d'alarme sous cette législature. Dans le ce dossier, " l'attitude dirigiste du cabinet De Block se révèle toxique. Elle déteint sur les façons de faire de l'Inami, avec lequel les généralistes avaient pourtant toujours entretenu un dialogue constructif ".

Le GBO reproche pêle-mêle le gel des budgets PMG par la ministre, la tenue d'un audit, les velléités " d'imposer un modèle unique scotché à l'hôpital " et même " la dernière politique en date de réseaux de postes desservant de grands clusters de population ". Trop de rebondissements décidément pour ces pauvres généralistes alors que l'écoute de Maggie De Block à leur égard est qualifiée de " très relative ".

Intérêts partisans

" Le sentiment dominant en Belgique (francophone en tous cas), cinq bonnes années après le plan garde de Laurette Onkelinx, est celui de travail bien fait mais... mal reconnu, de budgets non revus, de demandes non rencontrées par la ministre de tutelle alors qu'elles touchent à des questions de santé publique, comme la préservation d'une médecine de proximité dans les milieux ruraux. "

Côté budget, le GBO est conscient qu'une standardisation était nécessaire vu les moyens limités. Mais l'enveloppe doit être justement répartie " pour permettre à un maximum de projets d'éclore et ne pas céder aux attentes budgétaires déraisonnables de certains projets ou aux intérêts partisans ".

Le GBO estime plus prioritaire l'ouverture des PMG les soirs de semaine essentiellement afin d'alléger la pénibilité des médecins de terrain et lutter contre la pénurie locale. "Le timing de Maggie De Block - d'abord couvrir le pays (comprenez : la Flandre) de postes ouverts le week-end durant 4 ans et puis " on verra " - est inacceptable. "

Pérenniser les PMG

La formule des PMG fonctionne et il faut la pérenniser, estime le GBO qui s'oppose à une formule libertarienne dans laquelle les MG organisent la garde comme bon leur semble sans PMG et sans subsides de l'état. Il est " absolument inconcevable que les médecins doivent payer pour faire tourner un service à la collectivité qui leur est imposé".

Conclusion : "Il faut dépasser les réflexes individualistes, organiser collectivement la garde, voir par-delà les frontières d'un cercle et concevoir des solutions loco-régionales génératrices d'économies d'échelle, c'est dans l'intérêt des médecins d'aujourd'hui et de demain, et des citoyens."