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La ministre de la Santé, Marisol Touraine, en vacances, a réagi jeudi à cette vague de protestations en ligne contre la blouse d'hôpital qui laisse les fesses des patients à l'air, en indiquant, dans un e-mail adressé à l'initiatrice de la pétition, qu'elle avait "saisi les services du ministère". Lancée par une femme médecin, "farfadoc", la pétition est près d'atteindre l'objectif des 10.000 signatures. La revendication n'est sans doute pas si futile pour nombre de gens qui ont connu la chemise ouverte à tout vent sans qu'elle ait de justification médicale. En tout cas, aux yeux de la ministre en vacances, il ne s'agit pas d'une question secondaire: "Les situations très concrètes évoquées sur vos blogs décrivent parfaitement la gêne, pouvant parfois aller jusqu'à l'humiliation, qui peut être celle des patients, âgés ou non, dans de telles circonstances. Il y va tout simplement de la dignité de la personne", écrit-elle dans son e-mail rendu public sur Twitter par "farfadoc". Certes, "il y a d'autres problèmes, probablement plus importants, à gérer concernant notre système de santé", mais "ce sujet est loin d'être anodin", soulignait d'ailleurs sur son blog "farfadoc" en expliquant qu'il existe des alternatives à cette fameuse chemise. Le désormais célèbre article de "farfadoc" a fait suite à celui de la kiné Leya_MK, "Dignité mes fesses! ", qui s'était insurgée en juillet dernier contre la dignité bafouée d'une gentille dame de 85 ans "vêtue de l'informe chemise de nuit de l'hôpital", dévoilant ses parties intimes. La kiné raconte sur Twitter que la pétition a été diversement appréciée parmi les soignants. On trouve sur le réseau des réactions comme celles d'une infirmière qui se dit "choquée par la pétition anti-fesse à l'air" en posant la question: "Vous savez ce que c'est d'ôter un pyj à un patient en arrêt ? Non, fermez-la". Qui a parlé de pyjama, lui rétorque "farfadoc", vidéo à l'appui, montrant un système de blouse qui permet d'intervenir en urgence si besoin, sans avoir à se battre avec un pantalon ou des chemises compliquées. Dans ce débat parfois vif, intervient un "médecin généraliste" philosophe: les soignants "ne sont pas immunisés contre la maladie et la mort, mais pas toujours attentifs à l'intimité et au respect du patient non plus". Le respect, rappellent les twittos, c'est aussi d'éviter les sabots et portes qui claquent à l'aube, les voix qui portent la nuit, les "bonjour mamie" et autres façons de parler aux anciens, ainsi que l'absence d'écoute des patients et de leur famille.