En trente ans de carrière, je n'avais jamais autant changé d'horaire de consultation ni de façon d'aborder le patient. Jusqu'ici, une longue période de réflexion anticipait toute modification de mon organisation. Depuis ce premier communiqué du Collège de médecine générale (CMG) en ce début du mois de mars, nous adaptons constamment notre façon de travailler à l'évolution de cette pandémie. Je dis " nous " car, bien heureusement, j'avais anticipé la pénurie de médecins généralistes dans ma région perdue des Ardennes en m'associant avec une jeune consoeur pour ma pratique et avec des confrères de ma commune pour créer un centre médical. Nous étions donc plusieurs à réfléchir aux meilleures solutions pour réagir aux dernières directives que le CMG nous envoyait.

En cette période difficile, quel soulagement d'avoir une organisation comme ce Collège regroupant toutes les tendances de la médecine générale et nous prémâchant le travail. Grâce à leur investissement en temps dans les relations avec les autorités, le CMG nous a permis d'être mis " au parfum " des dernières décisions des commissions politico-scientifiques. Nous nous sommes sentis défendus contre toutes ces décisions ne tenant pas compte de la réalité du terrain. Grâce à leurs bulletins d'information réguliers, nous avons pu prendre les bonnes décisions au bon moment. Grâce à eux, l'espèce " Familia Medicus" a pu rapidement s'adapter à son environnement pandémique.

Evolution "darwinienne"

Voyons quelques bons côtés de cette évolution " darwinienne ": fini la course à la montre des consultations libres où nous devions vider la salle d'attente en un temps bien imparti, un agenda de rendez-vous aéré pour ne pas encombrer la salle d'attente et nous procurant le temps nécessaire au bon déroulement d'une consultation, enfin récompensés par un honoraire pour tous les conseils que les patients nous extirpent par téléphone, fini l'isolement du médecin généraliste par rapport aux décisions politiques, mise en évidence de l'intérêt de s'associer pour mettre en place des structures de soins efficaces, etc. Même si ces bons côtés sont contrebalancés par la propre évolution " Darwinienne " des patients : " Profitons de notre rendez-vous chez le médecin pour lui parler de tous nos problèmes pour ne pas devoir revenir une autre fois... ", explosion des demandes d'ordonnance ou de certificat divers par téléphone ou par mail sous prétexte de ne pas vouloir prendre le risque de se faire contaminer en sortant de chez soi, etc.

"Longue vie au Collège de médecine générale !"

Cela prouve que le " Familia Medicus" doit encore s'adapter. Je reviens notamment sur l'utilité d'un.e infirmier.ère pour nous aider à assurer les contraintes liées à la pandémie et tellement variables en fonction de l'évolution de celle-ci (répondre aux interrogations des patients, rédaction des eForms et des certificats de quarantaine). Mais qui peut aussi nous être utile pour rattraper le retard provoqué par la pandémie dans la prise en charge de nos patients chroniques.

Cette pandémie nous a donc obligés à quitter notre immobilisme, à nous adapter rapidement et à notre profession de " se serrer les coudes ".Ce resserrement des liens doit nous aider à lutter contre l'épuisement. Ne pas oublier les professions (je pense surtout aux infirmières à domicile) qui nous accompagnent dans notre adaptation forcée.

Longue vie aussi au CMG, garant de l'adage tant utile pour toute profession " L'union fait la force " !

En trente ans de carrière, je n'avais jamais autant changé d'horaire de consultation ni de façon d'aborder le patient. Jusqu'ici, une longue période de réflexion anticipait toute modification de mon organisation. Depuis ce premier communiqué du Collège de médecine générale (CMG) en ce début du mois de mars, nous adaptons constamment notre façon de travailler à l'évolution de cette pandémie. Je dis " nous " car, bien heureusement, j'avais anticipé la pénurie de médecins généralistes dans ma région perdue des Ardennes en m'associant avec une jeune consoeur pour ma pratique et avec des confrères de ma commune pour créer un centre médical. Nous étions donc plusieurs à réfléchir aux meilleures solutions pour réagir aux dernières directives que le CMG nous envoyait.En cette période difficile, quel soulagement d'avoir une organisation comme ce Collège regroupant toutes les tendances de la médecine générale et nous prémâchant le travail. Grâce à leur investissement en temps dans les relations avec les autorités, le CMG nous a permis d'être mis " au parfum " des dernières décisions des commissions politico-scientifiques. Nous nous sommes sentis défendus contre toutes ces décisions ne tenant pas compte de la réalité du terrain. Grâce à leurs bulletins d'information réguliers, nous avons pu prendre les bonnes décisions au bon moment. Grâce à eux, l'espèce " Familia Medicus" a pu rapidement s'adapter à son environnement pandémique.Voyons quelques bons côtés de cette évolution " darwinienne ": fini la course à la montre des consultations libres où nous devions vider la salle d'attente en un temps bien imparti, un agenda de rendez-vous aéré pour ne pas encombrer la salle d'attente et nous procurant le temps nécessaire au bon déroulement d'une consultation, enfin récompensés par un honoraire pour tous les conseils que les patients nous extirpent par téléphone, fini l'isolement du médecin généraliste par rapport aux décisions politiques, mise en évidence de l'intérêt de s'associer pour mettre en place des structures de soins efficaces, etc. Même si ces bons côtés sont contrebalancés par la propre évolution " Darwinienne " des patients : " Profitons de notre rendez-vous chez le médecin pour lui parler de tous nos problèmes pour ne pas devoir revenir une autre fois... ", explosion des demandes d'ordonnance ou de certificat divers par téléphone ou par mail sous prétexte de ne pas vouloir prendre le risque de se faire contaminer en sortant de chez soi, etc.Cela prouve que le " Familia Medicus" doit encore s'adapter. Je reviens notamment sur l'utilité d'un.e infirmier.ère pour nous aider à assurer les contraintes liées à la pandémie et tellement variables en fonction de l'évolution de celle-ci (répondre aux interrogations des patients, rédaction des eForms et des certificats de quarantaine). Mais qui peut aussi nous être utile pour rattraper le retard provoqué par la pandémie dans la prise en charge de nos patients chroniques.Cette pandémie nous a donc obligés à quitter notre immobilisme, à nous adapter rapidement et à notre profession de " se serrer les coudes ".Ce resserrement des liens doit nous aider à lutter contre l'épuisement. Ne pas oublier les professions (je pense surtout aux infirmières à domicile) qui nous accompagnent dans notre adaptation forcée.Longue vie aussi au CMG, garant de l'adage tant utile pour toute profession " L'union fait la force " !