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C'est en substance ce que me confiait récemment le Dr Thomas Orban, président de la SSMG, après avoir dû donner une série de coups de téléphone pendant plusieurs heures afin de trouver des spécialistes pouvant recevoir rapidement " ses " patients confrontés à de graves problèmes de santé. Et de s'étonner qu'à l'heure de l'hyper-communication, il est si difficile pour un généraliste de joindre directement un spécialiste et de fixer un rendez-vous.Il n'est un secret pour personne qu'il faut parfois s'armer de patience pour avoir accès à certains spécialistes (dermatologues, ophtalmologues....). Il semblerait que cela soit aussi le cas pour les oncologues. Ce qui relance inévitablement le débat sur le numerus clausus et sur la limitation volontaire de l'offre médicale dans certaines disciplines.Depuis des années, on entend les hôpitaux déclarer qu'ils mettent sur pied des systèmes permettant d'améliorer la communication entre les médecins généralistes et les médecins spécialistes. Certains hôpitaux proposent même des lignes téléphoniques réservées aux généralistes. Des expériences de visioconférences entre le généraliste et les équipes hospitalières sont tentées dans certains établissements. Manifestement, il faut poursuivre dans ces voies et accélérer le mouvement.La légendaire accessibilité de nos soins de santé - dont se gargarisent tous les ministres de la Santé depuis des années en se basant sur des études internationales- est-elle désormais un mythe ? Récemment, les Mutualités libres (jdM N°2584) et les Mutualités socialistes (page 10) tiraient la sonnette d'alarme en pointant, pour la première, le fait qu'un bébé BIM sur cinq n'a ni pédiatre, ni généraliste et, pour la seconde, que plus d'un patient francophone sur trois renoncent à des soins pour des raisons financières ? Si s'ajoutent à ces constats alarmants, des problèmes de communication entre les généralistes et les spécialistes, les patients risquent de se perdre dans un système de santé de moins en moins en moins convivial.