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Charleroi, nouvelle terre d'administration. Après le Forem, le nouvel OIP (organisme d'intérêt public) wallon de la santé y s'implantera donc après un an de gestation sous l'oeil attentif du ministre-président Paul Magnette, PS, le premier des Carolos. " C'est un dossier majeur pour le gouvernement wallon. J'avais déjà pu me rendre compte de la difficulté et de la complexité des points de vues des intervenants " santé " lorsque j' avais été brièvement ministre wallon de la sante et de l'action sociale. "Maxime Prévot, le ministre wallon de la Santé a donc tenu parole : l'agence wallonne de la santé, de la protection sociale, du handicap et des familles a vu le jour. " Nous n'avons pas encore de nom définitif mais il sera communiqué au plus tard en novembre. L'important n'est pas là. Moins d'un an après l'installation du gouvernement l'OIP repose sur des bases solides après une concertation avec une centaine d'acteurs. "Le ministre cdH concède que " les médecins et le secteur hospitalier auraient souhaité une plus large représentation à tous les étages. Ils sont un peu déçus. Nous ne pouvions toutefois pas avoir des comités de 65 personnes. Je tiens toutefois à rassurer le secteur : ils sont très bien représentés et auront des actes à poser à tous les niveaux de décision tant pour les agréments que pour la politique hospitalière. Nous avons eu plus d'une centaine de réunions préparatoires. Les médecins, les mutuelles et les patients n'ont vraiment pas été oubliés. "Ce nouvel OIP va devoir gérer une manne financière conséquente : 4 milliard 250 millions d'euros. En Wallonie, cela représentera le second OIP après le Forem. " Nous avons des responsabilités fortes avec la réforme de l'Etat. En posant cet acte, nous sommes en avance sur la Flandre et sur Bruxelles. En plus, nous y ajoutons la mise en place d'une assurance autonomie obligatoire solidaire. Notre réflexion s'est évidemment portée sur l'après 65 ans.Mais comment s'articule ce nouveau mastodonte ? Attachez vos ceintures, voici, le plus simplement possible exposé, le nouveau dédale de la santé wallonne.Trois politiques majeures : les politiques en matière de bien-être et de santé (remboursement de prestations de sécurité sociale en santé, en maison de repos et de soins, organisation de la 1ère ligne d'aide et de soins, la prévention et la promotion en matière de santé, ...), la politique du handicap (l'aide à l'aménagement du domicile, le financement des politiques d'emploi, les politiques relatives à l'accueil et l'hébergement des personnes handicapées, ... ) et enfin les politiques familiales (définition des prestations d'allocations familiales, leur paiement, le contrôle des caisses, ...).Ensuite, pour le personnel médical, le Comité " Bien-être et Santé " représentera un axe important avec la commission 1ère ligne d'aide et de soins, la ?commission Hôpitaux, la commission Santé mentale ?et la commission Accueil et hébergement ?des personnes âgées.Qui va-t-on retrouver dans ce comité " Bien-être et santé " :12 représentants des organisations représentatives des prestataires d'aide et de soins et des fédérations d'établissements d'aide et de soins, 12 représentants des organismes assureurs, 5 représentants de l'autorité (tous les partis politiques démocratiques), ?2 représentants des organisations d'employeurs et ?d'indépendants, 2 représentants des organisations syndicales.Au total, ce sont 800 personnes qui seront regroupées dans ce nouvel OIP santé au 1er janvier 2016 (250 personnes du fédéral, 25 personnes de FWB, 400 personnes AWiph et la DGO5...) " La transversalité sera plus que jamais une priorité. Le Comité " Bien-être et Santé " possède 4 commissions importantes : Elles gèrent les transferts de moyens financiers actuellement. C'est de l'expertise indispensable. On s'est inspiré de ce qui était réalisé a l'Inami : le système est de qualité et fait consensus. Enfin, nous avons aussi créé une commission " prévention et promotion de la sante " qui manquait aussi " ajoute Maxime Prévot. Ce n'est pas tout. Un autre conseil voit le jour comme le précise le ministre : " Nous allons aussi mettre en place un conseil de stratégie et de prospective. C'est là qu'on va retrouver les associations de patients où avec les médecins de pouvoir discuter, par exemple, dans certains cas, à l'avenir sur les normes hospitalières. Nous voulons mieux utiliser et rationnaliser les fonctions facultatives. On veut vraiment permettre d'éviter les doublons : ce conseil doit pouvoir donner des avis forts en matière de sante. On veut vraiment plus de concertation avec les acteurs de sante dans ce conseil stratégique. "Enfin, une chambre " de recours " est mise en place, par exemple, pour l'octroi ou non d'agréments ou autres décisions. " Les acteurs de terrains doivent pourvoir être entendus " ajoute Maxime Prévot.En dehors de la création de l'OIP, le ministre a annoncé la création de l'assurance autonomie au 1er janvier 2017 mis en oeuvre par le biais des mutuelles : " Le plafond, connu sous l'AWIPH, des 65 ans saute. Le critère déterminant sera la perte d'autonomie quelque soit l'âge. Combien paiera chaque wallon ? En Flandre, cela représente 50 euros par an ou 25 euros pour les allocataires sociaux via les mutuelles, à titre d'exemple. Cette assurance existe en Flandre depuis plusieurs années. Il y a toutefois une différence : la Flandre donne du cash mais la Wallonie veut pas et proposera un financement d'aide directe à domicile ou en matériel. " Voilà que la Wallonie résorbe enfin son retard dans ce domaine.