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Les personnes en bonne santé ont une meilleure image d'eux-mêmes et sont plus heureux. Ce sont des employés qui travaillent mieux, tombent moins souvent malades et restent actifs plus longtemps. Des citoyens sains pèsent également moins lourd sur la sécurité sociale belge. Pour garder les frais de santé sous contrôle, des efforts devront toutefois encore être fournis en termes de prévention. Nos autorités doivent passer d'une approche réactive à une approche préventive. Un mode de vie sain ne se trouve pas tout seul. Il nécessite le soutien des autorités, des écoles, sans oublier des employeurs. De mauvaises habitudes alimentaires, une vie sédentaire, trop peu d'exercice physique, le stress... La santé des Belges ne se porte pas bien ces temps-ci. Le pourcentage de personnes en surpoids dépasse les 50%. Cela coûte cher en termes de dépenses de santé. Nous passons une bonne partie de notre vie sur notre lieu de travail, mais qu'en est-il de l'offre en matière de nourriture et de boissons saines ? Delta Loyd Life a interrogé 1.000 Belges actifs, âgés de 18 à 65 ans, et a compilé les résultats dans une enquête nationale de santé. Rester suffisamment en mouvement, travailler sur sa santé mentale, maintenir des habitudes alimentaires saines, voilà les principes de base d'une vie équilibrée. Pourtant, le Belge estime qu'un régime alimentaire sain coûte trop cher (51%), nécessite trop de temps (44%) et d'efforts (52%), alors même que 70% de la population active reconnait ne pas avoir un style de vie équilibré. 58% se sentent moyennement, voire pas du tout en bonne santé. L'enquête montre également que les Belges en insuffisance pondérale ou obèses se disent moins heureux que les Belges au poids normal. Rôle de l'employeur Bien que le choix d'une vie saine nous incombe au final, de nombreuses instances peuvent nous y aider : l'enseignement, les autorités (via une politique de prévention décente), mais aussi les employeurs. 78% des employés se montrent moyennement ou non satisfaits de l'offre de leur employeur en matière de nourriture saine. Près de six Belges sur dix opteraient pour un repas sain si leur employeur leur en proposait un. Un employé sur cinq se voit gratuitement proposer un fruit sur le lieu de travail. Pourtant, à peine la moitié affirme qu'elle mangerait ce fruit si l'employeur le lui proposait. Seul un employeur sur cinq propose une nourriture saine (ce compris les en-cas). 45% utiliseraient cette possibilité, si celle-ci était disponible. Les employés en bonne santé travaillent mieux " L'enquête montre que l'IMC des employés diminue de 5% quand ils travaillent dans un environnement professionnel où l'employeur propose une nourriture saine, ce qui permet une augmentation de 50% du nombre d'employés aux habitudes alimentaires équilibrées. Des employés en bonne santé présentent mieux, sont moins souvent malades et plus productifs à long terme ", explique Lieven Annemans, économiste de la santé à l'UGent. " L'étude révèle aussi que des employés sains peuvent rester actif physiquement jusque 4 fois plus longtemps. La productivité augmente alors de 10 à 30 %. Quant à l'absentéisme, celui-ci chute de 25 % dans certaines études, de 50 % dans d'autres. De plus les entreprises qui s'engagent pour la santé de leurs employés ont une meilleure image, tant au niveau interne qu'externe ", poursuit-elle. Le juste équilibre Pour les employés, le défi consiste à trouver le juste équilibre entre déconseiller, encourager et s'immiscer. Une politique de découragement permet-elle de changer les mentalités ? Une taxe sur le sucre, sans travail éducatif de fond, suffit-elle à faire comprendre aux gens que le sucre n'est pas une habitude alimentaire idéale ? L'employeur doit faire en sorte que la nourriture saine devienne un choix évident et facile. A ce titre, il faudrait peut-être utiliser les mêmes méthodes simplistes utilisées en marketing sur les emballages des jouets ou les denrées pour influencer inconsciemment les enfants. Rendez l'alimentation saine attirante visuellement et gustativement, utilisez certaines odeurs et couleurs, rendez cette nourriture abordable et aussi accessible que les produits " non sains ". Le Belge n'a donc pas une alimentation saine et sait qu'il a tort. Mais changer réellement ses habitudes, c'est une autre paire de manches. On parle beaucoup de santé, mais sans réellement (vouloir) apporter de changements dans sa vie, et ce au contraire des pays scandinaves, où le mode de vie sain est profondément inscrit dans la culture.