Mohammed El Ouamari vit depuis trois mois à la maison de repos située derrière le CHU Brugmann, à Laeken. C'est dans ce lieu que le projet pilote MediHalte y a installé ses locaux. Le personnel du Samusocial l'a ainsi accueilli. Atteint d'un cancer, il a besoin de traitements importants. "C'est l'hôpital qui m'a envoyé ici. Je ne savais pas que ça existait". Le projet est encore récent. Le Samusocial l'a lancé en juin 2015. Il n'est donc pas encore très connu des sans-abri. Ce sont de toute manière les personnes travaillant avec les sans-abri qui font la demande pour eux.

Mohammed ne sait pas où il serait aujourd'hui sans cette "vraie aide", "je serais sans doute mort", ajoute-t-il. Avant MediHalte, les sans-abri étaient orientés vers des abris de nuit ou des centres d'hébergement d'urgence ne disposant que rarement des infrastructures adéquates. L'avantage de MediHalte est de leur offrir un suivi médical.

Sur les 38 lits affectés, huit sont réservés à des pathologies chroniques "à pronostic sombre". Le séjour n'est alors pas limité dans le temps. Sur ces lits sont traitées des maladies telles que des cancers, des problèmes neurologiques, dermatologiques et infectieux. Le reste des lits est attribué aux patients atteints d'affections aigües qui seront suivis pendant cinq à soixante jours. Ils serviront à soigner des problèmes infectieux, dermatologiques et trauma/ortho/rhumato.

Rendez-vous des politiques

La ministre de la santé actuelle, Maggie De Block, était suivie de Laurette Onkelinx, député fédérale et ministre de la santé lors du lancement du projet. Elle s'était d'ailleurs rendue à Paris pour visiter et s'inspirer de ce qu'il s'y faisait en matière de soins aux personnes sans-abri. Le plus compliqué au début fut de trouver le financement. "Il a fallu tordre le cou à certains textes pour rendre le projet possible", relate Laurette Onkelinx.

Mais ce projet tient à coeur aux deux politiques. "Les deux ministres sont venues sur le terrain et ont constaté qu'il y avait des soucis qui avaient besoin de réponse", explique Pascale Peraïta, présidente du CPAS de Bruxelles et du CHU de Saint-Pierre. Elles ont observé que les sans-abri malades avaient besoin d'une structure particulière adaptée à leur condition.

"La continuité [de leurs soins] n'était pas assurée", explique Maggie De Block. Ils revenaient donc régulièrement et sporadiquement, encombrant les hôpitaux. Ainsi, tout le monde est gagnant. Les hôpitaux voient des patients sortir plus rapidement et les patients sont soignés correctement dans un lieu plus adapté à leurs besoins.

Collaboration

"L'union fait la force", blague Maggie De Block. MediHalte réunit différents organismes médicaux autour du projet. Sur les 476 personnes accueillies cette année, plus de la moitié a été admise sur demande d'autres organismes que le Samusocial, majoritairement des hôpitaux et cliniques de la Région.

MediHalte et son réseau tacite arrive ainsi à réintéresser à leur santé les sans-abri qui ont laissé tomber cet aspect de leur vie. Une "Halte" leur ait offerte. Ça peut même être un point de départ pour une sortie de rue. La ministre de la santé souhaite renforcer cette union. "Je propose qu'un réseau soit créé pour que les organisations travaillent en collaboration".

La collaboration n'est en effet pas encore parfaite à tous les niveaux. MediHalte cherche aussi, à côté des soins que la structure prodigue, à aider les sans-abri à s'insérer dans la société. Quoi de mieux pour ce faire que de les accompagner dans un processus de recherche d'emploi? Mais M. El Ouamari, qui vit tout de même depuis trois mois au centre, "ne sait rien pour l'aide pour retrouver un emploi".

Un objectif d'insertion

Dans cette optique d'insertion, l'équipe de MediHalte accompagne les patients dans une régulation de leur situation. Rien que du point de vue l'administration médicale déjà, 91 % des patients ont quitté le centre avec une couverture médicale et une référence médicale. Certains patients n'ont également aucun papier. C'est le cas de Mohammed El Ouamari. Il vit pourtant en Belgique depuis 23 ans. Le médecin de MediHalte lui a diagnostiqué un cancer. "Ça fait un coup au moral", dit-il. Mais heureusement, il n'est pas seul dans ce combat. "Mes frères, c'est le CPAS et le SAMU". Le médecin l'aide à remplir les démarches pour se mettre en règle aux yeux de l'administration. S'il quitte le sol belge, il n'aura plus accès à des soins adéquats. Sans, il mourra.

Mohammed El Ouamari vit depuis trois mois à la maison de repos située derrière le CHU Brugmann, à Laeken. C'est dans ce lieu que le projet pilote MediHalte y a installé ses locaux. Le personnel du Samusocial l'a ainsi accueilli. Atteint d'un cancer, il a besoin de traitements importants. "C'est l'hôpital qui m'a envoyé ici. Je ne savais pas que ça existait". Le projet est encore récent. Le Samusocial l'a lancé en juin 2015. Il n'est donc pas encore très connu des sans-abri. Ce sont de toute manière les personnes travaillant avec les sans-abri qui font la demande pour eux. Mohammed ne sait pas où il serait aujourd'hui sans cette "vraie aide", "je serais sans doute mort", ajoute-t-il. Avant MediHalte, les sans-abri étaient orientés vers des abris de nuit ou des centres d'hébergement d'urgence ne disposant que rarement des infrastructures adéquates. L'avantage de MediHalte est de leur offrir un suivi médical. Sur les 38 lits affectés, huit sont réservés à des pathologies chroniques "à pronostic sombre". Le séjour n'est alors pas limité dans le temps. Sur ces lits sont traitées des maladies telles que des cancers, des problèmes neurologiques, dermatologiques et infectieux. Le reste des lits est attribué aux patients atteints d'affections aigües qui seront suivis pendant cinq à soixante jours. Ils serviront à soigner des problèmes infectieux, dermatologiques et trauma/ortho/rhumato. La ministre de la santé actuelle, Maggie De Block, était suivie de Laurette Onkelinx, député fédérale et ministre de la santé lors du lancement du projet. Elle s'était d'ailleurs rendue à Paris pour visiter et s'inspirer de ce qu'il s'y faisait en matière de soins aux personnes sans-abri. Le plus compliqué au début fut de trouver le financement. "Il a fallu tordre le cou à certains textes pour rendre le projet possible", relate Laurette Onkelinx. Mais ce projet tient à coeur aux deux politiques. "Les deux ministres sont venues sur le terrain et ont constaté qu'il y avait des soucis qui avaient besoin de réponse", explique Pascale Peraïta, présidente du CPAS de Bruxelles et du CHU de Saint-Pierre. Elles ont observé que les sans-abri malades avaient besoin d'une structure particulière adaptée à leur condition. "La continuité [de leurs soins] n'était pas assurée", explique Maggie De Block. Ils revenaient donc régulièrement et sporadiquement, encombrant les hôpitaux. Ainsi, tout le monde est gagnant. Les hôpitaux voient des patients sortir plus rapidement et les patients sont soignés correctement dans un lieu plus adapté à leurs besoins. "L'union fait la force", blague Maggie De Block. MediHalte réunit différents organismes médicaux autour du projet. Sur les 476 personnes accueillies cette année, plus de la moitié a été admise sur demande d'autres organismes que le Samusocial, majoritairement des hôpitaux et cliniques de la Région. MediHalte et son réseau tacite arrive ainsi à réintéresser à leur santé les sans-abri qui ont laissé tomber cet aspect de leur vie. Une "Halte" leur ait offerte. Ça peut même être un point de départ pour une sortie de rue. La ministre de la santé souhaite renforcer cette union. "Je propose qu'un réseau soit créé pour que les organisations travaillent en collaboration". La collaboration n'est en effet pas encore parfaite à tous les niveaux. MediHalte cherche aussi, à côté des soins que la structure prodigue, à aider les sans-abri à s'insérer dans la société. Quoi de mieux pour ce faire que de les accompagner dans un processus de recherche d'emploi? Mais M. El Ouamari, qui vit tout de même depuis trois mois au centre, "ne sait rien pour l'aide pour retrouver un emploi".Dans cette optique d'insertion, l'équipe de MediHalte accompagne les patients dans une régulation de leur situation. Rien que du point de vue l'administration médicale déjà, 91 % des patients ont quitté le centre avec une couverture médicale et une référence médicale. Certains patients n'ont également aucun papier. C'est le cas de Mohammed El Ouamari. Il vit pourtant en Belgique depuis 23 ans. Le médecin de MediHalte lui a diagnostiqué un cancer. "Ça fait un coup au moral", dit-il. Mais heureusement, il n'est pas seul dans ce combat. "Mes frères, c'est le CPAS et le SAMU". Le médecin l'aide à remplir les démarches pour se mettre en règle aux yeux de l'administration. S'il quitte le sol belge, il n'aura plus accès à des soins adéquats. Sans, il mourra.