Tine Nys a été euthanasiée le 27 avril 2010 sur la base de ses souffrances psychiques. Selon ses proches, les médecins ont mis un terme à la vie de la jeune femme avec amateurisme et n'ont pas respecté les conditions de la loi sur l'euthanasie. L'une de ses soeurs a porté plainte en se constituant partie civile et la justice a enquêté sur l'affaire.

Le ministère public estime que les trois médecins se sont rendus coupables d'empoisonnement, ce qui peut leur valoir la réclusion à perpétuité. C'est la première fois que des médecins doivent comparaître pour pratique de l'euthanasie depuis l'entrée en vigueur de la loi en 2002.

Première fois

Le médecin qui a procédé à cette fin de vie volontaire est âgé de 59 ans et originaire de Saint-Nicolas. Il a expliqué lundi matin que l'euthanasie de Tine Nys était la première à laquelle il procédait pour des raisons de souffrances psychiques. "J'avais déjà pratiqué des euthanasies pour des souffrances physiques. J'ai suivi une formation EOL (End of life), mais j'ai arrêté à cause de la cohue. J'ai suivi la moitié des cours. (...) L'accent était mis davantage sur l'aspect humain que sur les articles de lois, mais l'importante responsabilité du médecin a été soulignée. J'ai clairement pris connaissance des conditions (de la loi sur l'euthanasie, ndlr)."

Selon le médecin, Tine Nys a réellement opté pour l'euthanasie. "Sa souffrance était énorme. J'ai plus de 30 ans de pratique et j'ai entendu beaucoup d'histoires très tristes, mais Tine était différente. J'ai pu comprendre que la coupe était pleine, après tant de tentatives de suicide. Tout s'est mal passé pour elle. (...) Elle ne voulait plus aucun traitement. C'en était assez. C'était vraiment triste."

Le médecin a encore souligné qu'il n'avait pas procédé à une deuxième euthanasie sur un autre patient le soir-même des faits, comme la famille de Tine Nys l'aurait avancé. "Vous ne pouvez pas en faire deux sur une journée, personne ne le peut. Vous êtes totalement vidé, vous ne dormez pas le jour avant, ni le jour après."

Il a en outre noté que l'appréciation rendue par deux autres médecins, comme le prévoit la loi sur l'euthanasie, ne compte pas. "Je peux procéder moi-même à l'euthanasie, même avec deux avis négatifs. La loi dit qu'un avis positif ou négatif n'a pas d'importance", a-t-il déclaré.

Regret du médecin traitant

Le médecin traitant de Tine Nys, âgé de 58 ans, deuxième accusé dans l'affaire, a lui agi comme médecin consulté avant l'euthanasie. Selon la loi, celui-ci doit être indépendant à l'égard du patient, mais selon l'enquête, il ne peut être considéré comme tel étant son médecin généraliste depuis 1998. Le troisième accusé est une femme de 67 ans, consultée comme psychiatre. Celle-ci doit également être indépendante mais le ministère public a souligné qu'elle traitait aussi Tine Nys.

"Je soutiens sa décision, en tant que médecin et bon ami de ma patiente, mais je la regrette quand même", a conclu dans son avis le médecin traitant qui n'était pas favorable à la fin de vie volontaire. Le médecin qui a procédé à l'euthanasie a toutefois déclaré que le généraliste avait pu agir de manière indépendante. "Dans de nombreux cas, le médecin traitant est considéré comme indépendant s'il agit en âme et conscience. Il lui a donné des conseils Il acceptait ça (le souhait de Tine Nys, NDLR)."

La patiente "a été poussée à la mort", selon partie civile

Tine Nys, euthanasiée le 27 avril 2010, "a été menée et poussée intentionnellement vers la mort. Est-ce que sa demande (d'euthanasie, NDLR) était libre et réfléchie ou était-elle la conséquence d'une pression externe? Les parties civiles ont quelques doutes", a indiqué vendredi l'avocat Fernand Keuleneer, qui représente la famille de la patiente.

La famille de cette femme de 38 ans reproche aux trois médecins impliqués dans cette euthanasie d'avoir agi sans respecter le cadre légal d'une telle mise à mort.

Selon Me Keuleneer, il s'agit de bien plus qu'une simple euthanasie. "Les parties civiles vont démontrer que Tine a été victime d'un environnement qui a intentionnellement conforté et encouragé Tine dans son souhait - incertain - de mettre fin à ses jours. Les dernières semaines de sa vie ont ainsi été mises en images par des photographes et son histoire 'humaine' occupe une partie centrale d'un livre sur l'euthanasie, tout cela à l'initiative de Vonkel, (un lieu de rencontres sur la fin de vie, NDLR), présidé par le troisième accusé."

"Tine a alors été plongée dans une situation qui n'offrait pas d'autre porte de sortie. Ce qui permet de s'interroger sur la liberté réelle de sa décision et de se demander s'il n'y a pas eu une pression extérieure quelconque", poursuit Fernand Keuleneer. "Au lieu d'essayer d'accompagner Tine vers une vie meilleure, Tine a été menée à la mort de manière consciente et cela avant que toutes les possibilités de traitement raisonnables aient été épuisées et, au final, sans que la souffrance ne soit soulagée

"Tine était profondément malheureuse", selon sa soeur

"Tine était profondément malheureuse", a expliqué mardi sa soeur Sophie Nys devant la cour d'assises de Flandre orientale. "J'ai vécu des tentatives de suicide et je lui ai également rendu visite lors de la plupart de ses hospitalisations."

Tine Nys a été euthanasiée le 27 avril 2010 sur la base de ses souffrances psychiques. Selon ses proches, les médecins ont mis un terme à la vie de la jeune femme avec amateurisme et n'ont pas respecté les conditions de la loi sur l'euthanasie. L'une de ses soeurs a déposé plainte en se constituant partie civile et la justice a enquêté sur l'affaire.

Interrogée par le président de la cour d'assises Martin Minnaert, Sophie Nys a raconté sa relation avec Tine, son aînée. "Il n'y avait que deux ans de différence et j'avais plus de contacts avec elle (par rapport à son autre soeur et à son frère, ndlr)", a-t-elle expliqué. "Nous étions différentes. J'aimais Prince et elle aimait Madonna, mais nous avions une relation normale. Elle n'était certainement pas mise de côté ou socialement inadaptée."

L'adolescence de Tine a été compliquée, a témoigné sa soeur. "Ça ne s'est pas si bien passé. Il y avait un lien mère-fille difficile. De l'incompréhension, et l'approche des parents n'était pas toujours efficace. Il y a eu des vagues, des périodes où la paix n'était pas présente à la maison. Je n'ai pas appris de mes parents comment trouver les bons mots pour résoudre les problèmes."

Concernant les tentatives de suicide, Sophie Nys a confirmé que sa soeur était "profondément malheureuse". "J'ai vécu les tentatives de suicide et je suis allée lui rendre visite lors de la plupart de ses hospitalisations. En 1997, c'était la plus grave, je m'en souviens encore très bien. Les relations n'ont pas toujours été bonnes. Avec le premier diagnostic de trouble borderline, j'ai essayé d'accepter qu'elle se débattait avec ses sentiments, qu'elle pouvait être déprimée et toucher le fond."

Tine Nys a été euthanasiée le 27 avril 2010 sur la base de ses souffrances psychiques. Selon ses proches, les médecins ont mis un terme à la vie de la jeune femme avec amateurisme et n'ont pas respecté les conditions de la loi sur l'euthanasie. L'une de ses soeurs a porté plainte en se constituant partie civile et la justice a enquêté sur l'affaire. Le ministère public estime que les trois médecins se sont rendus coupables d'empoisonnement, ce qui peut leur valoir la réclusion à perpétuité. C'est la première fois que des médecins doivent comparaître pour pratique de l'euthanasie depuis l'entrée en vigueur de la loi en 2002. Le médecin qui a procédé à cette fin de vie volontaire est âgé de 59 ans et originaire de Saint-Nicolas. Il a expliqué lundi matin que l'euthanasie de Tine Nys était la première à laquelle il procédait pour des raisons de souffrances psychiques. "J'avais déjà pratiqué des euthanasies pour des souffrances physiques. J'ai suivi une formation EOL (End of life), mais j'ai arrêté à cause de la cohue. J'ai suivi la moitié des cours. (...) L'accent était mis davantage sur l'aspect humain que sur les articles de lois, mais l'importante responsabilité du médecin a été soulignée. J'ai clairement pris connaissance des conditions (de la loi sur l'euthanasie, ndlr)." Selon le médecin, Tine Nys a réellement opté pour l'euthanasie. "Sa souffrance était énorme. J'ai plus de 30 ans de pratique et j'ai entendu beaucoup d'histoires très tristes, mais Tine était différente. J'ai pu comprendre que la coupe était pleine, après tant de tentatives de suicide. Tout s'est mal passé pour elle. (...) Elle ne voulait plus aucun traitement. C'en était assez. C'était vraiment triste." Le médecin a encore souligné qu'il n'avait pas procédé à une deuxième euthanasie sur un autre patient le soir-même des faits, comme la famille de Tine Nys l'aurait avancé. "Vous ne pouvez pas en faire deux sur une journée, personne ne le peut. Vous êtes totalement vidé, vous ne dormez pas le jour avant, ni le jour après." Il a en outre noté que l'appréciation rendue par deux autres médecins, comme le prévoit la loi sur l'euthanasie, ne compte pas. "Je peux procéder moi-même à l'euthanasie, même avec deux avis négatifs. La loi dit qu'un avis positif ou négatif n'a pas d'importance", a-t-il déclaré. Le médecin traitant de Tine Nys, âgé de 58 ans, deuxième accusé dans l'affaire, a lui agi comme médecin consulté avant l'euthanasie. Selon la loi, celui-ci doit être indépendant à l'égard du patient, mais selon l'enquête, il ne peut être considéré comme tel étant son médecin généraliste depuis 1998. Le troisième accusé est une femme de 67 ans, consultée comme psychiatre. Celle-ci doit également être indépendante mais le ministère public a souligné qu'elle traitait aussi Tine Nys. "Je soutiens sa décision, en tant que médecin et bon ami de ma patiente, mais je la regrette quand même", a conclu dans son avis le médecin traitant qui n'était pas favorable à la fin de vie volontaire. Le médecin qui a procédé à l'euthanasie a toutefois déclaré que le généraliste avait pu agir de manière indépendante. "Dans de nombreux cas, le médecin traitant est considéré comme indépendant s'il agit en âme et conscience. Il lui a donné des conseils Il acceptait ça (le souhait de Tine Nys, NDLR)."